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LIVRE XVII.
Août 1803.
Motifs
qui pouvaientporter leprince (le (aPaix à seconduirecommeil le faisait.
de quarantaine, tenue en dehors du mouillage, où elle auraitpu se trouver en sûreté. On forçait les équipages de mourir àbord, faute des ressources les plus indispensables, et fautesurtout de Pair bienfaisant de la terre. Cette escadre, bloquéopar une flotte anglaise, ne pouvait reprendre la mer, sans unrepos, sans un radoub considérable, et sans un renouvelle-ment de vivres et de munitions. On lui refusait tout cela,même à prix d’argent. Enfin, par une bravade qui mettait lecomble à de tels procédés, tandis que la marine espagnoleétait laissée dans un délabrement à faire pitié, on s’occupaitavec des soins étranges de l’armée de terre, et on organisaitles milices, comme si on avait voulu préparer une guerre na-tionale contre la France.
Qui pouvait ainsi pousser dans l’abhne l’inepte favori, dontla domination avilissait le noble sang de Louis XIV, et rédui-sait une brave nation à la plus honteuse impuissance? Le dé-faut de suite dans les idées, la vanité blessée, la paresse, l’in-capacité, tels étaient les misérables mobiles de cet usurpateurde la royauté espagnole. 11 avait penché autrefois pour laFrance, c’en était assez pour que son inconstance penchât au-jourd’hui pour l’Angleterre. Le Premier Consul n’avait pu luidissimuler son mépris, tandis que les agents anglais et russes,au contraire, l’accablaient de flatteries ; puis, et surtout, laFrance lui demandait du courage, de l’activité, une bonne ad-ministration des affaires espagnoles : c’était plus qu’il n’enfallait pour l’amener à détester un allié aussi exigeant. Toutcela finira, avait dit le Premier Consul, par un coup de ton-nerre. Ainsi s’annonçait, par de sinistres éclairs, la foudre ca-chée dans cette nue épaisse, qui commençait à s’amoncelersur le vieux trône d’Espagne.
Le sixième des camps formés sur les rives de l’Océan seréunissait à Bayonne. Les apprêts furent accélérés et accrusjusqu’à former une véritable armée. Un autre rassemblement futpréparé du côté des Pyrénées orientales. Augereau reçut le