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LIVRE XVII.
Sept. 1803. les feux s’avançaient, en quelque sorte, ou reculaient avec lamer elle-même. Ges batteries ne furent employées que pen-dant le temps de la construction des forts ; elles devinrentinutiles dès que les forts furent achevés *.
Le fort en bois fut terminé le premier, grâce à la nature dola construction. On établit de solides plates-formes sur la têtedes pieux, et à quelques pieds au-dessus des plus hauteseaux. On arma cet ouvrage de dix pièces de gros calibre, etde plusieurs mortiers à grande portée, et dès qu’il commençade tirer, les Anglais ne reparurent plus â l’entrée du port.Tout le haut des falaises fut armé avec du 24, du 36 et desmortiers. Environ 500 bouches à feu furent mises en batterie,et la côte, devenue inabordable, reçut des Anglais et desFrançais le nom de Côte de fer. Dans cet intervalle, on ache-vait les forts en maçonnerie, sans autre obstacle que celuide la mer. A l’entrée de l’hiver surtout, les vagues devien-nent quelquefois si furieuses sous l’impulsion des vents dela Manche, qu’elles ébranlent et inondent les ouvrages les plussolides et les plus élevés. Deux fois elles enlevèrent des as-sises entières, et précipitèrent les plus gros blocs du hautdes murailles commencées, dans le fond de la mer. On con-tinua cependant ces deux importantes constructions, indis-pensables à la sûreté du mouillage.
Pendant ces travaux, les troupes, rapprochées des côtes,avaient construit leurs baraques, et tracé leurs camps à l’i-mage de véritables cités militaires, divisées en quartiers, tra-versées par de longues rues. Cette besogne terminée, ellesCreusement s’étaient réparties autour du bassin de Boulogne. On leur avaitles troupes P ar l a ê® l a tâche, et chaque régiment devait enlever une por-tion déterminée de cette énorme couche de sable et de limon,qui remplissait le bas-fond de la Liane. Les uns creusaient lelit même de la Liane, ou le bassin demi-circulaire; les autres
1 Tous les détails que nous donnons ici sont extraits des correspondancesoriginales de l’amiral Bruix et de Napoléon, que nous avons déjà citées.