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[Vol. 2.]
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CAMP DK BOULOGNK.

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Le PremierConsul ima-gine l’emploides projectilescreux pourtenir les bâti-ments anglaisà distance.

faire des expériences sur la côte, et essayer la portée du gros Sept. iæ3.canon, en le tirant sous un angle de 45 degrés, à peu prèscomme on tire le mortier. L’expérience réussit, et on portales boulets du calibre de 24, jusqu’à 2,300 toises; ce qui obli-gea les Anglais à s’éloigner d’autant. Il fit mieux encore ; pen-sant toujours au même objet, il imagina le premier un moyenqui cause aujourd’hui d’effroyables ravages, et qui sembledevoir exercer une grande influence sur la guerre maritime,celui des projectiles creux employés contre les vaisseaux. 11ordonna de tirer sur les bâtiments avec de gros obus, qui,éclatant dans le bois ou dans la voilure, devaient produireou des brèches fatales au corps du navire, ou de grandes dé-chirures dans le gréement. C’est avec des projectiles qui écla-tent, écrivait-il, qu’il faut attaquer le bois. Rien ne se faitfacilement, surtout quand il y a d’anciennes habitudes àvaincre , et il eut à réitérer souvent les mêmes instructions.

Lorsque les Anglais, au lieu de ces boulets pleins qui traver-sent comme la foudre tout ce qui est devant eux, mais qui nefont pas un ravage plus étendu que leur diamètre, virent unprojectile qui a moins d’impulsion, il est vrai, mais qui éclatecomme une mine, ou dans les flancs du navire, ou sur la têtede ses défenseurs, ils furent surpris, et tenus fort à distance.

Enfin, pour obtenir encore plus de sécurité, le Premier Consulimagina un moyen non moins ingénieux. Il eut l’idée d’établirdes batteries sous-marines, c’est-à-dire qu’il fit placer, à lalaisse de basse-mer, des batteries de gros canons et de grosmortiers, que l’eau recouvrait à la marée haute, et découvraità la marée basse. Il en coûta beaucoup de peine pour assurerles plates-formes sur lesquelles reposaint les pièces, pour pré-venir les ensablements et les affouillements. On y réussitnéanmoins, et à l’heure de la marée descendante, qui étaitcelle du travail, lorsque les Anglais s’avançaient pour letroubler, ils étaient accueillis par des décharges d’artillerie,partant à l’improviste de la ligne de basse-mer; de façon (pic

Etablissementde batteriessous-marines.couvertes parles eaux à lamarée haute,découvertes à lamarée basse vet tenant l’ennemi à grandedistance.