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LIVRE XVII.
Sept. L803. dans l’après-midi, le capitaine Saint-IIaouen mouilla en radede Boulogne, joint par un détachement sorti de ce port, sousles ordres du contre - amiral Magon. La seconde division deDunkerque, qui avait mis à la mer, s’était avancée de soncôté jusqu’à la vue du cap Grisnez. Mais, arrêtée par le calmeet la marée, elle fut obligée de mouiller en deçà, le long d’unecôte découverte. Elle resta dans cette position jusqu’au mo-ment où le courant changé pouvait la porter vers Boulogne.Elle n’avait point de vent, et elle fut obligée de se servir deses rames. Quinze bâtiments anglais, frégates, corvettes etbricks, l’attendaient au cap Grisnez. A ce point la profondeurd’eau étant plus grande, et la croisière anglaise pouvant s’ap-procher de terre, sans que nos bâtiments eussent la ressourçede s’échouer, on devait concevoir pour eux de très-vivescraintes. Mais ils passèrent comme ceux de la veille, nos sol-dats maniant la rame avec une rare intrépidité, et les Anglaisrecevant do nos batteries de terre, plus de mal qu’ils n’enpouvaient faire à nos chaloupes canonnières. La flottille deBoulogne et la division Saint-IIaouen, entrée la veille, étaientsorties de nouveau, pour venir au-devant de la division Pé-vrieux. Elles la joignirent à une hauteur dite la Tour de Croy,devant Wimereux. Alors les trois divisions réunies s’arrêtè-rent, et, se mettant en ligne, présentant aux Anglais leurproue armée de canons, allèrent droit à eux, et firent un feudes plus vifs. Ce feu dura deux heures. Nos légers bâtimentsatteignaient quelquefois les gros bâtiments anglais, et enétaient rarement atteints. A la fin, les Anglais se retirèrentan large, quelques-uns même assez maltraités pour avoirbesoin d’aller se réparer aux dunes. L’une de nos chaloupes,la seule du reste à qui arriva cet accident, percée de parten part par un boulet, cul encore le temps de se jeter sur laplage, avant de couler à fond.
Ce combat, qui fut suivi plus tard de beaucoup d’autres,plus importants et plus meurtriers, produisit un effet décisif