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[Vol. 2.]
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CAMP DE BOULOGNE.

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sur l’opinion de la marine et de l’armée. On vit que ces petitsbâtiments ne seraient pas si aisément coulés à fond par dogros vaisseaux, et qu’ils atteindraient plus souvent leurs gi-gantesques adversaires qu’ils n’en seraient atteints; on vitquel secours on pourrait tirer de la coopération des troupesde terre, qui, sans être encore exercées, avaient manié larame, servi l’artillerie de marine, avec une rare adresse, etsurtout montré peu d’effroi de la mer, et beaucoup de zèle àseconder les matelots \

A peine cette première expérience avait-elle été faite, qu’onmit la plus grande ardeur à la renouveler. De nombreux con-vois partirent successivement de tous les ports de la Manche,pour le rendez-vous général de Boulogne. Plusieurs officiersde mer, les capitaines Saint-IIaouen et Pévrieux, dont nousvenons de citer les noms, les capitaines Hamelin, Daugier, sedistinguèrent dans cette espèce de cabotage, par leur courageet par leur habileté. Nos bâtiments, marchant tantôt à la voile,tantôt à la rame, longeaient la côte à très-petite distance desdétachements de cavalerie et d’artillerie, prêts à les protéger.Rarement ils furent obligés de se réfugier au rivage, car pres-que toujours ils naviguèrent à la vue des Anglais, soutenantleur feu, et quelquefois s’arrêtant, quand ils en avaient letemps, pour faire face à l’ennemi, et lui montrer leur avantarmé de gros calibre. Souvent ils firent reculer les bricks, lescorvettes et même les frégates. S’ils échouèrent dans quelquesoccasions, ce fut plutôt par l’effet du mauvais temps que parla force de leurs adversaires. Quand cela leur arrivait, lesAnglais se jetaient dans des canots pour s’emparer des cha-loupes ou des péniches échouées. Mais nos artilleurs, accourusavec leurs pièces sur la plage, ou bien nos cavaliers, changéstout à coup en fantassins, presque en gens de mer, venaient,au milieu des brisants, au secours des marins, éloignaient les

1 On trouve ces sentiments exprimés dans tontes les correspondancesécrites de Boulogne de lendemain de ces deux combats.

Sept. 1803.

L’heureuxsuccès (le cespremièresrencontresinspireune confiancegénérale.