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[Vol. 2.]
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LIVRE XVII.

Octob. 1803.

Quelqueschangementsapportés àl’armement età l’arrimage,par suite desexpériencesfaites dansles traverséesle longdes côtes.

canots anglais par le feu de leurs carabines, et les obligeaientà regagner le large, sans amener aucune prise, souvent mêmeaprès avoir perdu quelques-uns de leurs plus intrépidesmatelots.

Dans les mois d’octobre, de novembre et de décembre,près de mille bâtiments, chaloupes canonnières, bateaux ca-nonniers, péniches, partis de tous les ports, entrèrent dansBoulogne. Sur ce nombre les Anglais n’en prirent pas plus detrois ou quatre, la mer n’en détruisit pas plus de dix ou douze.

Ces courtes et fréquentes traversées furent l’occasion debeaucoup d’observations utiles. Elles révélèrent la supérioritédes chaloupes canonnières sur les bateaux canonniers. Ceux-ci étaient plus difficiles à mouvoir, dérivaient davantage, etsurtout manquaient de feux. Les défauts de ces bateaux ca-nonniers tenaient à leur construction, et leur construction àla nécessité d’y placer l’artillerie de campagne. 11 fallait biens’y résigner. Les péniches ne laissaient rien à désirer sous lerapport de la manœuvre et de la vitesse. Du reste tous en-semble avaient une marche passable, même sans le secoursde la voile. Il y avait des divisions venues du Havre à Bou-logne, presque toujours à la rame, avec une vitesse moyennede deux lieues à l’heure. Quelques changements à l’arrimage,c’est-à-dire au chargement, devaient améliorer leurs qualitésnavigantes.

L’expérience de ces traversées conduisit à un changementdans la disposition de l’artillerie, qui fut immédiatement exé-cuté sur toute la flottille. Les gros canons, placés à l’avant età l’arrière, étaient engagés dans des coulisses, dans lesquellesils ne pouvaient qu’avancer ou reculer en ligne droite. 11 enrésultait que les bâtiments pour tirer étaient obligés de se dé-tourner , et de présenter à l’ennemi, ou l’avant ou l’arrière. Illeur était donc impossible, quand ils étaient en marche, deriposter au feu des Anglais, parce qu’ils ne montraient alorsque le travers. En rade, les courants leur faisaient prendre