370 LIVRE XVII.
Octob. 1803 . vivres. Tout devait être constamment embarqué sur les deuxflottilles, et il ne restait à mettre à bord, au signal du départ,que les hommes et les chevaux. Les hommes, exercés fré-quemment à prendre'les armes, et à se rendre par demi-bri-gades, bataillons et compagnies, à bord de la flottille, n’ymettaient que le temps nécessaire pour aller des camps auport. Quant aux chevaux, on était arrivé à simplifier et accé-lérer leur embarquement d’une manière surprenante. Quelquegrand que fût le développement des quais, il n’était pas pos-sible cependant d’y ranger tous les bâtiments. On était obligéd’en disposer jusqu’à neuf l’un contre l’autre, le premier seultouchant le quai. Un cheval, revêtu d’un harnais qui le saisis-sait sous le ventre, enlevé de terre au moyen d’une vergue,transmis neuf fois de vergue en vergue, était déposé en deuxou trois minutes dans le neuvième bâtiment. De la sorte,hommes et chevaux pouvaient être placés en deux heures surla flottille de guerre. Il en fallait trois ou quatre pour embar-quer les neuf à dix mille chevaux restants sur la flottille detransport. Ainsi, tout le gros bagage étant constamment àbord, on devait toujours être prêt en quelques heures à leverl’ancre; et, comme il n’était pas possible de faire sortir desports un aussi grand nombre de bâtiments dans l’espace d’uneseule marée, l’embarquement des hommes et des ehevaux nepouvait jamais être la cause d’une perte de temps.
Après des exercices incessamment répétés, on réussit bien-tôt à exécuter toutes les manoeuvres avec autant de promp-titude que de précision. Tous les jours, par tous les temps,à moins d’une tempête, on sortait au nombre de 100 à 150bâtiments, pour manœuvrer ou mouiller en rade, devant l’en-nemi. Puis on simulait le long des falaises l’opération d’un dé-barquement. On s’exercait d’abord à balayer le rivage par unfeu nourri d’artillerie, puis à s’approcher de terre, à y déposerhommes, chevaux, canons. Souvent, quand on ne pouvait pasjoindre la terre, on jetait les hommes dans les flots, par cinq