LIVRE XVIII.
Août 1803.
La guerren'est pas pourl’Angleterrece qu’elle estpour les autresnations.
le prince, et l’arrêter. — Loi terrible, qui puftit de mort quiconque donneraasile aux conjurés. — Paris fermé pendant plusieurs jours. — Arrestationsuccessive dePicbcgru.deMM. de Polignac, de M. de Rivière, et de Georgeslui-même. — Déclaration de Georges. — 11 est venu pour attaquer le Pre-mier Consul de vive force. — Nouvelle affirmation qu’un prince devait êtreil la tetc des conjurés. — Irritation croissante du Premier Consul. — Inutileattente du colonel Savary à la falaise deBivillc.— On est conduit à re-chercher où se trouvent les princes delà maison de Bourbon. — On songeau duc d’Enghien, qui était a Ettenheim, sur les bords du Rhin. — Unsous-ofîicier de gendarmerie est envoyé pour prendre des renseignements.— Rapport erroné de ce sous-officier, et fatale coïncidence de son rapportavec une nouvelle déposition d’un domestique de Georges— Erreur, etaveugle colère du Premier Consul. — Conseil extraordinaire, à la suite du-quel l’enlèvement du prince est résolu. — Son enlèvement et sa translationà Paris. — Une partie de l’erreur est découverte, mais trop tard.— Leprince, envoyé devant une commission militaire, est fusillé dans un fossé duchâteau de Vinccnnes. — Caractère de ce funeste événement.
L’Angleterre commençait à s’émouvoir à l’aspect des pré-paratifs qui se faisaient en face de ses rivages. Elle y avaitd’abord attaché peu d’importance.
La guerre, en général, pour un pays insulaire, qui ne prendpart aux grandes luttes des nations qu’avec des vaisseauxordinairement victorieux, et tout au plus avec des arméesjouant le rôle d’auxiliaires, la guerre est un état peu inquié-tant, qui n’altère pas le repos public, qui ne nuit pas mêmeau mouvement journalier des affaires. La stabilité du crédit,à Londres, au milieu des plus grandes effusions de sang.hu-main , en est la preuve frappante. Si on ajoute ù ces considé-rations que l’armée se recrute de mercenaires, que la Hottese compose de gens de mer, auxquels il importe assez peu devivre à bord des vaisseaux de l’État ou à bord des vaisseauxdu commerce, pour lesquels au contraire les prises ont unattrait infini, on concevra mieux encore que, pour un tel pays,la guerre est une charge qui se résout simplement en impôts,une sorte de spéculation, dans laquelle des millions sont en-gagés afin d’obtenir des débouchés commerciaux plus éten-dus. Pour les classes aristocratiques seules, qui commandentces flottes et ces armées, qui versent leur sang en les com-mandant, qui aspirent enfin à étendre la gloire do leur pa\ s