CONSPIRATION DE GEORGES.
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autant qu’à conquérir de nouveaux débouchés, la guerre re-prend sa gravité, ses périls, jamais toutefois ses plus grandesanxiétés, car le danger de l’invasion ne parait pas exister.
C’était la guerre ainsi faite que MM. Wyndliam etGrcnville,et le faible ministère qu’ils traînaient à leur suite, croyaientavoir attirée sur leur patrie. Ils avaient entendu parler, sousle Directoire, de bateaux plats, mais si souvent et avec si peud’efTet, qu’ils finissaient par n’y plus croire. Sir Sidney Smilli,plus expérimenté sous ce rapport que ses compatriotes, car ilavait vu, tour à tour, les Français, les Turcs, les Anglais dé-barquer en Égypte, tantôt malgré de redoutables croisières,tantôt malgré de vigoureux soldats postés sur le rivage, sirSidney Smith avait dit à la tribune du Parlement, qu’on pour-rait à la rigueur réunir soixante ou quatre-vingts chaloupescanonnières dans la Manche, cent si l’on voulait tout exagérer,mais qu’on n’en réunirait jamais davantage, et que vingt-cinqou trente mille hommes étaient la limite extrême des forcesqu’il était possible de transporter en Angleterre. Suivant cetofficier, le plus grave danger qu’on pût prévoir après celui-là,c’était la descente d’une armée française en Irlande, doubleou triple de celle qui avait été jetée autrefois dans cette île,armée qui, après avoir plus ou moins agité et ravagé le pays,finirait, comme la précédente, par succomber et par mettrebas les armes. 11 restait d’ailleurs les inimitiés toujours sour-dement existantes en Europe contre la France, inimitiés qui,bientôt réveillées, rappelleraient vers le continent les forcesdu Premier Consul. On avait donc tout au plus à craindre laguerre des premiers temps de la Révolution, signalée de nou-veau par quelques victoires du général Bonaparte sur l’Au-triche, mais avec toutes les chances ordinaires de bouleverse-ment dans un pays mobile comme la France, qui depuisquinze années n’avait pas supporté trois ans de suite le mêmegouvernement, et avec l’avantage permanent pour l’Angleterrede nouvelles conquêtes maritimes. Ces prévisions se sont réa-
Août lô03.
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