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LIVRE XVIII.

Août 1803 . avec Paris par les émigrés rentrés. Ge qu’ils rêvaient en An-gleterre, leurs partisans le rêvaient en France, et les moindrescirconstances qui venaient concorder avec leurs illusions,changeaient tout de suite à leurs yeux ces illusions en réalité.Ils se disaient donc les uns aux autres dans ces déplorablescorrespondances, que la guerre allait porter un coup funesteau Premier Consul ; que son pouvoir, illégitime pour les Fran-çais restés fidèles au sang des Bourbons, tyrannique pour lesFrançais restés fidèles à la Révolution, n’avait pour se fairesupporter que deux titres, le rétablissement de la paix, et lerétablissement de l’ordre ; que l’un de ces titres disparaissaitcomplètement depuis la rupture avec l’Angleterre, que l’autreétait fort compromis, car il était douteux que l’ordre pût semaintenir au milieu des anxiétés de la guerre. Le gouvernementdu Premier Consul allait donc être dépopularisé, comme tousles gouvernements qui l’avaient précédé. La masse tranquilledevait lui en vouloir de cette reprise d’hostilités avec l’Europe;elle devait moins croire à son étoile, depuis que les difficultésne semblaient plus s’aplanir sous ses pas. Il avait, en outre, desennemis de différentes espèces, dont on pouvait se servir très-utilement : les révolutionnaires d’abord, et puis les hommesjaloux de sa gloire , qui fourmillaient dans l’armée. On disaitles jacobins exaspérés ; on disait les généraux fort peu satis-faits d’avoir contribué à faire d’un égal un maître. Il fallait deces mécontents si divers créer un seul parti, pour renverser lePremier Consul. Tout ce qu’on mandait de France et tout cequ’on répondait de Londres aboutissait toujours à ce plan :réunir les royalistes, les jacobins, les mécontents de l’armée enun parti unique, pour accabler l’usurparteur Bonaparte.

vaste pian Telles étaient les idées dont se nourrissaient à Londres les

de conspira- ... , . . _ . ,

tion tramé princes français, et dont ceux-ci entretenaient le cabinet bri-

à Londres, *

«ttoprinces * anni< l ue ) en lui demandant des fonds, qu’il prodiguait, sachant,français, d’une manière au moins générale, ce qu’on en voulait faire.

Une vaste conspiration fut donc ourdie sur ce plan, et con-