CONSPIRATION DE GEORGES.
393
duite avec l’impatience ordinaire à des émigrés. Il en fut ré-féré à Louis XVIII, alors retiré à Varsovie. Ce prince, toujoursfort peu d’accord avec son frère, le comte d’Artois, dont ildésapprouvait la stérile et imprudente activité, repoussa cetteproposition. Singulier contraste entre ces deux princes ! Lecomte d’Artois avait de la bonté sans sagesse ; Louis XVIII, dela sagesse sans bonté. Le comte d’Artois entrait dans desprojets indignes de son cœur, que Louis XVIII repoussaitparce qu’ils étaient indignes de son esprit. Louis XVIII résolutdès lors de rester étranger à toutes les menées nouvelles,dont la guerre allait redevenir la funeste occasion. Le comted’Artois, placé à une grande distance de son frère ainé, excitépar son ardeur naturelle, par celle des émigrés, et, ce qui estplus fâcheux, par celle des Anglais eux-mêmes, prit part àtous les projets que la circonstance fit naître, dans ces cer-veaux troublés par une continuelle exaltation. Les communi-cations des émigrés français avec le cabinet anglais, avaientlieu par le sous-secrétaire d’État, M. Hammon, qu’on a vu fi-gurer dans plusieurs négociations. C’est à lui qu’ils s’adres-saient pour toutes choses en Angleterre. Au dehors, il s’adres-saient à trois agents de la diplomatie britannique : M. Taylor,ministre en Hesse; M. Spencer Smith, ministre à Stuttgard;M. Drake, ministre en Bavière. Ces trois agents, placés prèsde nos frontières, cherchaient à nouer toute espèce d’intriguesen France, et à seconder de leur côté celles qu’on tramerait deLondres. Ils correspondaient avec M. Hammon, et avaient à leurdisposition des sommes d’argent considérables. Il est difficile decroire que ce fussent là de ces obscures menées de police, queles gouvernements se permettent quelquefois comme simplesmoyens d’informations, et auxquelles ils consacrent de menusfonds. C’étaient de vrais projets politiques, passant par les agentsles plus élevés, aboutissant au ministère le plus important,celui des affaires extérieures, et coûtant jusqu’à des millions.
Les princes français les plus mêlés à ces projets étaient le
Août 1803.
Louis XVIIIrefuse
de s’associer& la conspi-ration
de Georges.
Le comted’Artoiss’y associede la manièrela plusimprudente.
Participationdes agentsde l’Angleterre.