Band 
[Vol. 2.]
Seite
394
JPEG-Download
 

394

LIVRE XVIII.

Août 1803 . comte d’Artois, et sou second fils, le duc de Berry. Le duc

Le comte d’Angouléme résidait alors à Varsovie, auprès de Louis XYII1.

tVArtois, le

duc de Berry, Les princes de Condé vivaient à Londres, mais sans intimité

le duc a’An- A

goulême,les Coudés.

Plan et butde la conspi-ration.

avec les princes de la branche aînée, et toujours à part deleurs projets. On les traitait comme des soldats, constammentdisposés à prendre les armes, et uniquement propres à cerôle. Tandis que le grand-père et le père des Condés étaientà Londres, le petit-fils, le duc d’Enghien, était dans le pays deBaden, livré au plaisir de la chasse, et à la vive afiection qu’iléprouvait pour une princesse de Rohan. Tous trois au servicede la Grande-Bretagne, ils avaient reçu ordre de se tenir prêtsà recommencer la guerre, et ils avaient obéi comme des sol-dats obéissent au gouvernement qui les paye : triste rôle sansdoute pour des Condés, moins triste cependant que celui detramer des complots 1

Voici quel fut le plan de la nouvelle conjuration. Insurgerla Vendée ne présentait plus guère de chance : au contraire,attaquer directement, au milieu de Paris, le gouvernement duPremier Consul, paraissait un moyen prompt et sûr d’arriverau but. Le gouvernement consulaire renversé, il n’y avait plusrien de possible, suivant les auteurs du projet, plus rien queles Bourbons. Or, comme le gouvernement consulaire consis-tait tout entier dans la personne du général Bonaparte, il fal-lait détruire celui-ci. La conclusion était forcée. Mais il fallaitle détruire d’une manière certaine. Un coup de poignard, unemachine infernale, tout cela était d’un succès douteux; cartout cela dépendait de la sûreté de main d’un assassin, ou deshasards d’une explosion. Il restait un moyen jusqu’ici nonessayé, à ce titre non discrédité encore : c’était de réunir unecentaine d’hommes déterminés, l’intrépide Georges en tête;d’assaillir sur la route do Saint-Cloud ou de la Malmaison, lavoiture du Premier Consul; d’attaquer sa garde, forte tout auplus de dix à douze cavaliers, de la disperser, et de le tuerainsi dans une espèce de combat. De cette manière, on était