Band 
[Vol. 2.]
Seite
421
JPEG-Download
 

CONSPIRATION DE GEORGES.

421

échappait aucun accent de colère ou do vengeance; il parais- F<fv la»,sait plus curieux, plus méditatif qu’irrité.

On songea de nouveau à interroger Picot, le domestique deGeorges, pour savoir s’il avait connaissance de la présence dePichegru à Paris. On le questionna le même jour, et, en ymettant beaucoup de douceur, on finit par l’amener à s’ouvrirentièrement. Il déclara lui-même tout ce qui était relatif à Pi-chegru et à Moreau. Il en savait moins que Bouvet de Lozier;mais ce qu’il savait était plus significatif peut-être, car il enrésultait que le désespoir produit par la conduite de Moreauétait descendu jusque dans les derniers rangs des conjurés.

Quant à Pichegru, il déclara l’avoir vu très-positivement à La présence

de Pichegru

Paris, et peu de jours auparavant; il affirma même qu’il y constatée,était encore. Quant à Moreau, il raconta qu’il avait entendules officiers de Georges exprimer le plus vif regret de s’êtreadressé à ce général, qui était prêt à tout faire manquer parses prétentions ambitieuses h

quelques pas (le là. Il y eut entre eux, aux Champs-Elysées, une conférencequi déjà nous fit présager ce que proposa Moreau ouvertement dans la suivantequ’il eut avec Pichegru seul ; savoir: qu’il n’était pas possible de rétablir leroi ; et il proposa d’étre rais à la tête du gouvernement sous le titre de dicta-teur, ne laissant aux royalistes que la chance d’être ses collaborateurs et sessoldats.

Je ne sais quel poids aura près de vous l’assertion d’un homme arraché de-puis une heure à la mort qu’il s’était donnée lui-même, et qui voit devant luicelle qu’un gouvernement offensé lui réserve.

Mais je ne puis retenir le cri du désespoir et ne pas attaquer un homme quim’y réduit.

Au surplus, vous pourrez trouver des faits conformes à ce que j’avance dansla suite de ce grand procès où je suis impliqué.

Signé Bouvkt ,

adjudant-général de l’armée royale.

1 Extrait de la deuxième déclaration de Louû Picot , le 24 pluviôse an xn(14 février, à une heure du matin), devant le préfet de police .

Tome II, page 392.

A déclaré :

Que les chefs ont tiré au sort à qui attaquerait le Premier Consul;