CONSPIRATION DE GEORGES.
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que sous ce criminel se trouvait le second personnage de laRépublique.
C’était là pour le Premier Consul la considération décisive.Laisser mettre en question la fermeté de son gouvernement,était ce qui coûtait le plus à son orgueil et à sa politique. —On dirait, s’écria-t-il, que j’ai peur de Moreau. Il n’en serapoint ainsi. J’ai été le plus clément des hommes, mais je seraile plus terrible, quand il faudra l’étre; et je frapperai Moreaucomme un autre, puisqu’il entre dans des complots, odieuxpar leur but, honteux par les rapprochements qu’ils suppo-sent. — 11 n’hésita donc pas un instant à décider l’arrestationde Moreau. Il y avait d’ailleurs une autre raison, et celle-làétait pressante. Georges, Pichegru, n’étaient pas arrêtés. Onavait pris trois ou quatre de leurs complices ; mais la bandedes exécuteurs se trouvait tout entière hors des mains de lapolice, et il était possible que la crainte d’être découverts lesportât à brusquer la tentative pour laquelle ils étaient venusen France. Il fallait pour ce motif précipiter l’instruction, ets’emparer de tous les chefs qu’on avait le moyen de saisir.On serait ainsi conduit inévitablement à d’autres découvertes.L’arrestation de Moreau fut donc immédiatement résolue, etavec la sienne celle de Lajolais et autres entremetteurs, dontle nom avait été révélé.
Le Premier Consul était irrité, mais non pas contre Moreauprécisément. Il avait plutôt l'apparence d’un homme qui cher-chait à se prémunir, que d’un homme qui cherchait à se ven-ger. Il voulait avoir Moreau en son pouvoir, le convaincre, enobtenir les lumières dont il avait besoin, et ensuite lui fairegrâce. 11 estimait que ce serait le comble de l’habileté et dubonheur, que d’en sortir de cette manière.
Il fallait choisir la juridiction. Le consul Cambacérès, quiavait une grande connaissance des lois, montra le danger dela juridiction ordinaire dans une affaire de cette nature, etproposa, puisque Moreau était militaire, de l’envoyer devant
Fév. 1804.
Motifsqui décidentle PremierConsul à fairearrêterMoreau.
Choix dela juridiction,a laquelleMoreau doitêtre défe’iê.