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livre xviii.
M*rs 18 U 4 . avec une ehaleur qui ne lui était pas ordinaire, et proposa,comme terme moyeu, d’attendre que ce prince, ou tout autre,fût saisi sur le territoire français, pour lui appliquer alors leslois du temps, dans toute leur rigueur. Cette proposition nefut point admise. On répondit qu’il ne fallait plus espérer quele prince destiné à s’introduire par la Normandie ou par lellhin, vînt s’exposer à des dangers certains, inévitables, quanddéjà Georges et tous les agents de la conspiration étaient ar-rêtés ; que d’ailleurs, en allant prendre celui qui se trouvaità Eltenheim, on prendrait avec lui ses papiers et ses com-plices, qu’on acquerrait ainsi des preuves qui attesteraient sacriminalité, et que dès lors on pourrait sévir en s’appuyantsur l’évidence acquise; que souffrir patiemment qu’à la faveurd’un territoire étranger les émigrés conspirassent aux portesde France, c’était accorder la plus dangereuse des impunités ;que les Bourbons et leurs partisans recommenceraient tousles jours; qu’il faudrait punir dix fois pour une, tandis qu’enfrappant un grand coup, on rentrerait ensuite dans le sys-tème de clémence naturel au Premier Consul ; quo les roya-listes avaient besoin d’un avertissement ; que, relativement àla question de territoire, il fallait donner à ces petits princesallemands une leçon comme à tout le monde ; que, du reste,c’était rendre un service au grand-duc de Baden, que deprendre le prince sans le lui demander, car il lui serait im-possible de refuser l’extradition à une puissance comme laFrance, et il serait mis au ban de l’Europe pour l’avoir accor-dée. On ajouta enfin qu’il ne s’agissait, après tout, que des’assurer de la personne du prince, de ses complices, de scspapiers ; qu’on verrait après ce qu’il faudrait faire quand onle tiendrait, et quand on aurait examiné les preuves et ledegré de sa culpabilité.
Le Premier Consul entendit à peine ce qui fut dit pour etcontre; il écoula comme un homme résolu. Personne ne putse vanter d’avoir influé sur sa détermination. Cependant il ne