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[Vol. 2.]
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CONSPIRATION I)E GEORIiES.

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parut pas savoir mauvais gré à M. Cambacérès de sa résis- H»” isw-tance. — Je sais, dit-il, le motif qui vous fait parler; c’estvotre dévouement pour moi. Je vous en remercie; mais je neme laisserai pas tuer sans me défendre. Je vais faire tremblerces gens-là, et leur enseigner à se tenir tranquilles. —

L’idée de terrifier les royalistes, de leur apprendre qu’onne s’attaquait pas impunément à un homme comme lui, deleur faire connaître que le sang sacré des Bourbons n’avaitpas à ses yeux plus de valeur que celui de tout autre person-nage illustre de la République, cette idée et d’autres danslesquelles le calcul, la vengeance, l’orgueil de sa puissance,avaient une part égale, le dominaient violemment. Il donnales ordres immédiatement. En présence du général Berthier,il prescrivit aux colonels Ordencr et Caulaincourt la conduitequ’ils avaient à tenir. Le colonel Ordener devait se rendre sur ordres donnes

x pour

les bords du Rhin, prendre avec lui 300 dragons, quelques reniaement.pontonniers et plusieurs brigades de gendarmerie, pourvoirces troupes de vivres pour quatre jours, emporter une sommed’argent, afin de n’étre point à charge aux habitants, passerle fleuve à Rheinau, courir sur Ettenheim, envelopper la ville,enlever le prince et tous les émigrés qui l’entouraient. Pen-dant ce temps, un autre détachement, appuyé de quelquespièces d’artillerie, devait se porter par Kehl à Olfenbourg, etrester là en observation, jusqu’à ce que l’opération fût ache-vée. Tout de suite après, le colonel Caulaincourt devait serendre auprès du grand-duc de Baden, pour lui présenter unenote contenant des explications sur l’acte qu’on venait de com-mettre. L’explication consistait à dire qu’en souffrant cesrassemblements d’émigrés, on avait obligé le gouvernementfrançais à les dissiper lui-méme; que d’ailleurs la nécessitéd’agir promptement et secrètement n’avait pas permis uneentente préalable avec le gouvernement badois.

11 est inutile d’ajouter qu’en donnant ces ordres aux offi-ciers chargés de les exécuter, le Premier Consul ne prenait