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[Vol. 2.]
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LIVRE XVIII.

M«r» 1804 . l’auteur, et ce Condé, qu’on voudrait trouver irréprochableparce qu’il fut victime, se rendre coupable aussi, en se pla-çant encore cette fois sous le drapeau britannique contre ledrapeau français ; enfin un grand homme égaré par la colère,par l’instinct de la conservation, par l’orgueil, perdre en uninstant cette sagesse que l’univers admirait, et descendre aurôle de ces révolutionnaires sanglants, qu’il était venu com-primer de ses mains triomphantes, et qu’il se faisait gloire dene pas imiter! Fatal enchaînement des passions humaines!Celui qui est frappé veut frapper à son tour; chaque coupreçu est rendu à l’instant; le sang appelle le sang, et les ré-volutions deviennent ainsi une suite de sanglantes représailles,qui seraient éternelles, s’il n’arrivait enfin un jour, un jour oùl’on s’arrête, où l’on renonce à rendre coup pour coup, où l’onsubstitue à celte chaîne de vengeances une justice calme, im-partiale et humaine, où l’on place au-dessus même de cettejustice, s’il peut y avoir quelque chose de supérieur à elle,une politique élevée et clairvoyante, qui, entre les arrêts destribunaux, ne laisse exécuter que les plus nécessaires, faisantgrâce des autres aux cœurs égarés, susceptibles de retour etde raison. Défendre l’ordre social, en se conformant aux règlesstrictes de la justice, et sans rien donner à la vengeance, telleest la leçon qu’il faut tirer de ces tragiques événements. Il enfaut tirer encore une autre, c’est de juger avec indulgence leshommes de tous les partis, qui, placés avant nous dans lacarrière des révolutions, nourris au milieu des troubles cor-rupteurs des guerres civiles, sans cesse excités par la vue dusang, n’avaient pas pour la vie les uns des autres le respectque nous ont heureusement inspiré le temps, la réflexion etune longue paix.

FIN DU LIVRE DIX-HUITIÈME ET DU TOMB QUATRIÈME.