CONSPIRATION DE GEORGES.
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peuples trop faciles à exciter; et, après avoir contribué à leur Mars îsoi.remettre les armes à la main, ils ne s’étaient pas bornés à êtreles soldats du gouvernement britannique, ils lui avaient prêtéle secours des complots. On avait tramé une indigne conspi-ration ; on avait coloré de sophismes misérables un projet d’as-sassinat ; on avait envoyé en France Georges et Pichegru. S’ily avait un cœur que la gloire du Premier Consul eût blessé,c’est à lui qu’on avait eu recours. On avait égaré, perverti lefaible Moreau ; on l’avait trompé, on s’était fait tromper parlui ; et puis, quand, à force d’imprudences, on avait été dé-couvert par l’œil vigilant de l’homme qu’on voulait détruire,on s’était dénoncé les uns les autres; et l’on avait cru se jus-tifier, se relever en disant bien haut qu’un prince françaisdevait être à la tête do ces horribles exploits ! Le grand hommecontre lequel étaient dirigés de si odieux complots, révoltéd’être en butte aux meurtrières attaques de ceux qu’il avaitarrachés à la persécution, avait cédé à une colère funeste. Ilavait attendu au pied d’un rocher ce prince dont on lui an-nonçait l’arrivée; il l’avait attendu vainement, et, la tête trou-blée par les déclarations des conjurés eux-mêmes, il avaitaperçu, en effet, un prince sur les bords du Rhin, qui atten-dait là le renouvellement de la guerre civile. A cette vue, saraison s’était égarée; il avait pris ce prince pour le chef desconspirateurs qui menaçaient sa vie ; il avait mis une sorted’orgueil à le saisir sur le sol germanique, à frapper un Bour-bon comme un individu vulgaire, et il l’avait frappé pourapprendre aux émigrés et à l’Europe combien il était dange-reux et insensé de s’attaquer à sa personne.
Douloureux spectacle, où tout le monde était en faute, mêmeles victimes ; où l’on voyait des Français se faire les instru-ments de la grandeur britannique contre la grandeur française ;des Bourbons, fils, frères de rois, destinés à être rois à leurtour, se mêler à des coureurs do grandes routes; le dernierdes Condés payer de son sang des complots dont il n’était pastom. rv. 30