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LIVRE XXV.
sept. 1806 . rois, mériterait d’être étudiée comme une suite de leçons pro-Sévèrcsconseils fondes sur l’art de régner, gourmandait quelquefois Joseph,son frère avec une sévérité inspirée par sa raison, nullement par soncœur. Il lui reprochait d’être faible, inactif, livré à toutes lesillusions d’un caractère bienveillant et vain. Joseph n’osait paslever, des impôts, et cependant il voulait composer une arméenapolitaine, il prétendait former une garde royale, il retenaitautour de lui pour sa sûreté personnelle une grande partiedes troupes mises à sa disposition, il dirigeait mal le siège deGaëte, il ne faisait enfîu aucun préparatif pour l’expéditionde Sicile.
Ce que vous devez à vos peuples, lui écrivait Napoléon,c’est l’ordre dans les finances, mais vous ne pouvez leur épar-gner les charges de la guerre, car il faut des impôts pour payerla force publique. Naples doit fournir cent millions, comme levice-royaume d’Italie, et sur ces cent millions trente suffisentpour payer quarante mille hommes. (Lettre du 6 mars 1806.)N’espérez pas vous faire aimer par la faiblesse, surtout desNapolitains. On vous dit que la reine Caroline est odieuse, etque déjà votre douceur vous rend populaire : chimère de vosflatteurs! Si demain je perdais une bataille sur l’Izônzo, vousapprendriez ce qu’il faut penser de votre popularité, et de laprétendue impopularité de la reine Caroline. Les hommes sontLas, rampants, soumis à la force seule. Supposez un revers(ce qui peut toujours m’arriver), et vous verriez ce peuple selever tout entier, crier mort aux Français! mort à Joseph! viveCaroline! Vous viendriez dans mon camp! (Lettre du 9 août1806.) C’est un sot personnage que celui d’un roi exilé et vaga-bond. Il faut gouverner avec justice et sévérité, supprimer lesabus de l’ancien régimo, établir l’ordre partout, empêcher lesdilapidations des Français comme des Napolitains, créer desfinances, et bien payer mon armée, par laquelle vous existez.(Lettre du 22 avril 1806.) Quant à une garde royale, c’est unluxe, digne tout au plus du vaste empire que je gouverne, et