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LIVRE XXV.
Sept. 1805. instruits, mais braves, car l’éducation élève le cœur autantque l’esprit.
Après avoir pris les moyens de rajeunir l’armée, il s’occupade l’organisation de ses équipages. Il voulait qu’elle fût expé-ditive , et peu chargée de bagages. Son expérience ne le por-tait point à se passer de magasins, comme on l’a prétenduquelquefois, car il ne dédaignait aucun genre de prévoyance,et il ne négligeait pas plus les approvisionnements que lesplaces fortes. Mais la guerre offensive, qu’il préférait à touteautre, ne permettait guère de créer des magasins, puisqu’ilaurait fallu les créer sur le territoire ennemi, qu’on avait cou-dM^qilfpageg, tume d’envahir dès le début des opérations. Son système d’ali-
et moyens . ..... . , ,
employés mentation consistait à vivre chaque soir sur le pays occupé,
pour nourrir
l'armée en à s’étendre assez pour se nourrir, pas assez pour être dis-
eainpagne. 1
persé, et puis à traîner après soi, dans des caissons, le painde plusieurs jours. Cet approvisionnement, ménagé avec soin,et renouvelé dès qu’on s’arrêtait, servait pour les cas de con-centrations extraordinaires, qui précédaient et suivaient lesbatailles. Pour le transporter, Napoléon avait calculé qu’il luifallait deux caissons par bataillon, et un caisson par escadron.En y joignant les voitures nécessaires aux malades et auxblessés, quatre ou cinq cents caissons devaient suffire à tousles besoins de l’armée. Il défendit expressément qu’aucun offi-cier, qu’aucun général fit servir à son usage les charrois des-tinés aux troupes. Les transports étaient exécutés alors parune compagnie, qui louait à l’État ses caissons tout attelés.Ayant découvert que l’un des maréchaux , favorisé par cette. compagnie, avait plusieurs voitures à sa disposition, Napoléonréprima cette infraction aux règles avec la dernière sévérité,et rendit le prince Berthier responsable de l’accomplissementde ses ordres. L’armée était alors exempte des abus que letemps, la richesse croissante de ses chefs, y introduisirentbientôt.
Napoléon commanda ensuite de grands amas de grain, tout