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52 LIVRE XXV.
Octob. 1806 . leur intervention en 1792, dans la lutte de l’Europe contre laRévolution française, n’avait été ni bien longue, ni bien opi-niâtre. Aussi n’avaient-ils participé à aucun des changements' apportés depuis quinze ans à l’organisation des troupes euro-péennes; ils faisaient consister l’art de la guerre dans unerégularité de mouvements, qui sert beaucoup plus sur les- champs de manoeuvre que sur les champs de bataille; ilsétaient suivis d’une quantité de bagages, suffisante à elle seulepour perdre une armée, par les obstacles qu’elle apporte à samarche. Au surplus l’orgueil, qui est une grande force morale,était extrême chez les Prussiens, surtout parmi les officiers,et il était accompagné chez eux d’un sentiment plus nobleencore, d’un patriotisme irréfléchi mais ardent.
Le duc de L eur armée ne péchait pas moins par la confusion des con-seils que par la qualité des troupes. Le roi avait confié ladirection de cette guerre au duc de Brunswick, par déférencepour la vieille renommée de ce neveu, de cet élève du grandFrédéric. Il y a des réputations établies qui sont quelquefoisdestinées à perdre les empires : on ne pourrait pas en effetleur refuser le commandement, et quand on le leur a déféré, lepublic qui aperçoit l’insuffisance sous la gloire, blâme unchoix qu’il a imposé, et le rend plus fâcheux en infirmant parla critique l’autorité morale du commandement, sans la-quelle l’autorité matérielle n’est rien. C’est ce qui arrivaitpour le duc de Brunswick. On déplorait généralement ce choixparmi les Prussiens, et on s’en exprimait avec une hardiessedont il eût été impossible de trouver ailleurs un exemple, caril semblait que chez cette nation la liberté d’esprit et de lan-gage dût prendre naissance dans le sein de l’armée. Le ducde Brunswick, doué de lumières étendues, avantage que nepossèdent pas toujours les hommes dont la renommée a exa-géré le mérite, se jugeait impropre aux guerres si actives etsi terribles du temps. Il avait accepté le commandement parune faiblesse de vieillard , pour n’avoir pas le chagrin de le