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LIVRE XXV.

Octob. it06. vint se placer à Wurtzbourg, pour y attendre derrière debons retranchements, le dernier mot du roi Frédéric-Guillaume.

Il était bien tard pour oser produire cette vérité, et c’étaitchoisir pour la produire l’instant où elle avait cessé d’êtreexacte. Si Napoléon, en effet, avant de quitter Paris, avaitété peu enclin à la guerre , et très-disposé à en finir avec laPrusse au moyen de quelques explications amicales, main-tenant qu’il se trouvait à la tête de son armée, et que sonépée était à moitié hors du fourreau, il allait la tirer tout en-tière , et agir avec la promptitude qui lui était naturelle. Rienne s’accordait moins avec son caractère, que le projet de s’éta-blir en avant de Wurtzbourg, dans une position défensive.Mais de ce projet faussement prêté à Napoléon, et des rapportsde M. de Lucchçsini, le duc de Brunswick concluait avec unesecrète joie, qu’il était possible d’éviter la guerre, surtout sion avait la précaution de rester derrière la forêt de Thuringe,et délaisser entre les deux armées cet obstacle à leur rencontre.

Grand conseil Le roi, sans le dire, partageait ce sentiment. On convoqua

de guerre ' ' 1 °

•*"“ “ ct ^r U e rt donc le 5 octobre, à Erfurt, un dernier conseil de guerre,auquel assistèrent le duc de Brunswick, le prince de Hohen-lohe, le maréchal de Mollendorf, plusieurs officiers d’état-major, les chefs de corps , le roi lui-méme et ses ministres.Ce conseil dura deux jours entiers. Le duc y proposa la questionsuivante : était-il prudent d’aller chercher Napoléon dans uneposition inattaquable, quand on n’avait plus, comme dans lepremier projet d’offensive, l’espoir de le surprendre? — Ondisputa sur ce sujet longuement et violemment. Le prince deHohenlohe fit encore surgir, par le moyen de son chef d’état-major, l’idée d’opérer par la haute Saale, et de franchir lesdéfilés, au débouché desquels Napoléon avait rassemblé sestroupes. On combattit cette idée du côté du duc de Brunswick,et on fit de nouveau sentir les avantages de la position prisederrière la forêt de Thuringe. Les deux généraux en chef sou-tinrent ainsi une lutte opiniâtre par l’intermédiaire de leurs