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LIVRE XXV.
Octob. im
Déterminationsde l’arméeprussienneaprès
des combatsde Schleitz etde Saalfeld.
bourg, avait occupé le pont de la Saale, et enlevé des maga-sins considérables, avec un bel équipage de pont. Le maréchalBernadotte s’était joint à lui. Murat avait envoyé sa cavalerielégère jusqu’à Leipzig, et surpris les portes de cette grandecité commerçante. Lannes s’était porté sur Iéna, petite villeuniversitaire, suitée sur les bords mêmes de la Saale, et yavait refoulé péle-méle les troupes ennemies restées en deçàde la rivière, ainsi que les bagages qui encombraient la route.11 s’était emparé d’Iéna, et avait aussitôt poussé ses avant-postes sur les hauteurs qui la dominent. De ces hauteurs, ilavait aperçu l’armée du prince de Hohenlohe, qui après avoirrepassé la Saale campait entre Iéna et Weimar, et il avait pusoupçonner qu’un grand rassemblement se préparait en cetendroit.
Effectivement l’armée prussienne y était réunie, et prête àprendre ses dernières déterminations. Le prince de Hohenlohes’était décidé à obéir aux ordres de duc de Brunswick, et àrepasser la Saale, pour se joindre à la grande armée prus-sienne. Il aurait atteint cette position en meilleur ordre, etsans perdre ses bagages, s’il avait obéi plus tôt. Ses troupesy étaient rassemblées confusément, et sans vivres, ne sachantpas s'en procurer, en demandant vainement à l’armée prin-cipale, qui en possédait tout juste assez pour elle-même. LesSaxons, dont la conduite avait été honorable, mais que lehasard des événements avait fait figurer dans les deux pre-mières rencontres, et qui voyaient leur pays livré sans défenseaux Français, se plaignaient amèrement d’être peu ménagés,mal nourris, et entraînés dans une guerre qui s’annonçait dela manière la plus sinistre. On fit de son mieux pour les cal-mer, et cette fois on les établit en seconde ligne derrière lesPrussiens.
Cependant, malgré ces tristes débuts, on était rassembléle long de la forêt de Thuringe, ayant la Saale pour arrêterles Français s’ils voulaient la franchir, ou pour descendre en