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[Vol. 4.]
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LIVRE XXV.

Octob. 1806 .

Napoléondécouvrel’armée prus-sienne deshauteursd’Iéna, et faitses

dispositionspour assurer àson armée lesmo.yens dedéboucher surces hauteurs.

fait place, en repoussant les avant-postes du général Tauen-zien. Ainsi grâce à la hardiesse de nos soldats, les hauteursqui dominent la rive gauche de la Saale étaient conquises,mais par une route malheureusement peu accessible à l’artil-lerie. C’est là que Lannes conduisit Napoléon, au milieu d’unfeu de tirailleurs qui ne cessait pas, et qui rendait les recon-naissances fort dangereuses.

La principale des hauteurs qui dominent la ville d’Iéua,s’appelle le Landgrafenberg, et depuis les événements mémo-rables dont elle a été le théâtre, elle a reçu des habitants lenom de Napoléonsberg. Elle est la plus élevée de la contrée.(Voir la carte n° 35.) Napoléon et Lannes, en contemplant decette hauteur la campagne environnante, le dos tourné à laville d’Iéna, voyaient à leur droite la Saale couler dans unegorge sinueuse, profonde, boisée, jusqu’à Naumbourg, qui està six ou sept lieues d’Iéna. Ils voyaient devant eux des pla-teaux ondulés, s’étendant au loin, et s’inclinant par une penteinsensible vers la petite vallée de i’ilm, au fond de laquelleest située la ville de Weimar. Ils apercevaient à leur gauchela grande route d’Iéna à Weimar, s’élevant par une suite derampes de la gorge du Mtlhlthal sur ces plateaux, et cou-rant en ligne droite sur Weimar. Ces rampes qui présentent,comme nous l’avons dit, une sorte de colimaçon, en ont reçule nom allemand, et s’appellent la Schnecke. Sur cette mêmeroule d’Iéna à Weimar se trouvait échelonnée l’armée prus-sienne du prince de Ilolienlohe, sans qu’on pût en préciser lenombre. Quant au corps du général Ruchel posté à Weimar,la distance ne permettait pas de le découvrir. Il en était demême pour la grande armée du duc de Brunswick, qui mar-chant de Weimar sur Naumbourg, était cachée dans les enfon-cements de la vallée de l’Ilm.

Napoléon ayant devant lui une masse de troupes dont onne pouvait guère apprécier la force, supposa que l’arméeprussienne avait choisi ce terrain comme champ de bataille, et