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LIVRE XXV.

Octob. 1806 . quiétudes, parce qu’on y avait aperçu quelques troupes légères.Le prince de Hohenlohe, devenu le plus obéissant des lieute-nants, lorsqu’il aurait fallu ne pas l’étre, s’arrêta tout à coupdevant ces injonctions du quartier-général. Il était singuliernéanmoins, pour obtempérer à l’ordre de ne pas engager unebataille, d’abandonner le débouché par lequel on devait lelendemain en recevoir une désastreuse. Quoi qu’il en soit,renonçant à reprendre le Landgrafenberg, il se contenta d’en-voyer la brigade saxonne Cerrini au général Tauenzien, et deplacer à Nerkwitz, en face de Dornbourg, sous les ordres dugénéral Holzendorf, la brigade prussienne Sanitz, les fusiliersde Pelet, un bataillon de Schimmelpfennig, enfin plusieursdétachements de cavalerie et d’artillerie. Il expédia quelqueschevaux-légers à Dornbourg môme, pour savoir ce qui s’ypassait. Le prince de Hohenlohe s’en tint à ces dispositions ; ilrevint à son quartier-général de Capellendorf, près de Wei-mar, se disant qu’avec 50 mille hommes, et môme 70 milleen comptant le corps de Ruchel, gardé vers Dornbourg par legénéral Holzendorf, vers Iéna parle général Tauenzien, faisantfront vers la chaussée d’Iéna à Weimar, il punirait les deuxmaréchaux Lannes et Augereau de leur audace, s’ils osaientl’attaquer avec les 30 ou 40 mille Français dont ils pouvaientdisposer, et rétablirait l’honneur des armes prussiennes grave-ment compromis à Schleitz et à Saalfeld.

Bataille d iena, Napoléon, debout avant le jour, donnait ses dernières ins-

14 octobre, tructions à ses lieutenants, et faisait prendre les armes à sessoldats. La nuit était froide, la campagne couverte au loin d’unbrouillard épais, comme celui qui enveloppa pendant quelquesheures le champ de bataille d’Austerlitz. Escorté par des hom-mes portant des torches, Napoléon parcourut le front destroupes, parla aux officiers et aux soldats, leur expliqua laposition des deux armées, leur démontra que les Prussiensétaient aussi compromis que les Autrichiens l’année précédente,que, vaincus dans cette journée, ils seraient coupés de l’Elbe