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LIVRE XXV.
Octob. i?œ masse, saisie de terreur, se précipite sur la descente quiaboutit à Weimar : fantassins, cavaliers, artilleurs, tous sejettent les uns sur les autres dans ce gouffre. Nouveau désas-tre, et bien digne de pitié! Murat lance une partie de sesdragons, qui poussent à coups de pointes cette cohue épou-vantée, et la poursuivent jusque dans les rues de Weimar.Avec les autres, il fait un détour, dépasse Weimar, et coupela retraite aux fuyards, qui se rendent par milliers.
f>es soixante-dix mille Prussiens qui avaient paru sur cespicucie 'que Champ de bataille, il n’y avait pas un seul corps qui fût entier,vüies d'iffoa'c't pas un seul qui se retirât en ordre. Sur les cent mille Fran-
de Weimar.
çais composant les corps des maréchaux Soult, Lannes, Auge-reau, Ney, Murat, et la garde, cinquante mille au plus avaientcombattu, et suffi pour culbuter l’armée prussienne. La plusgrande partie de cette armée, frappée d’une sorte de vertige,jetant ses armes, ne connaissant plus ni drapeaux, ni officiers,courait sur toutes les routes de la Thuringe. Environ douzemille Prussiens et Saxons, morts ou blessés, environ quatremille Français, morts ou blessés aussi, couvraient la cam-pagne d’iéna à Weimar. On voyait étendus sur la terre, et ennombre plus qu’ordinaire, une quantité d’officiers prussiens,qui avaient noblement payé de leur vie leurs folles passions.Quinze mille prisonniers, 200 pièces de canon, étaient auxmains de nos soldats, ivres de joie. Les obus des Prussiensavaient mis en feu la ville d’iéna, et des plateaux où l’on avaitcombattu, on voyait des colonnes de flammes s’élever du seinde l’obscurité. Les obus des Français sillonnaient la ville deWeimar, et la menaçaient d’un sort semblable. Les cris desfugitifs qui la traversaient en courant, le bruit de la cavaleriede Murat qui en parcourait les rues au galop, sabrant sanspitié tout ce qui n’était pas assez prompt à jeter ses armesavaient rempli d’effroi cette charmante cité, noble asile deslettres, et théâtre paisible du plus beau commerce d’espritqui fût alors au monde! A Weimar comme à Iéna, une partie