Band 
[Vol. 4.]
Seite
112
JPEG-Download
 

112

LIVRE XXV.

Octob. 1806.

Attaque detoute

la cavalerieprussiennecontrede divisionMorand.

Fermetede l'infanteriedu generalMorand.

La divisionMorand, en seportant enavant, décideun mouvementgénéral deretraite danstoute l'arméeprussienne.

menait avec elle la meilleure et la plus nombreuse portion dela cavalerie prussienne. Elle pouvait présenter \ 4 à 15 millecavaliers, supérieurement montés, et formés aux manœuvrespar de longs exercices. Les Prussiens veulent, avec cettemasse de cavalerie, tenter un effort désespéré contre la di-vision Morand. Us se flattent, sur le terrain uni qui sépareHassenhausen de la Saale, de la fouler sous les pieds de leurschevaux, ou de la précipiter du haut en bas, le long des ram-pes de Küsen. S’ils réussissent, la gauche de l’armée françaiseétant culbutée, Hassenhausen enveloppé, Gudin pris dans levillage, la division Friant n’a plus qu’à battre en retraite aupas de course. Mais le général Morand, à l’aspect de ce ras-semblement, dispose sept de ses bataillons en carrés, et enlaisse deux déployés pour se lier à Hassenhausen. Il s’établitdans l’un de ces carrés, le maréchal Davout s’établit dans unautre, et ils se disposent à recevoir de pied ferme la massed’ennemis qui s’apprête à fondre sur eux. Tout à coup lesrangs de l’infanterie de Wartensleben s’ouvrent, et vomissentles torrents de la cavalerie prussienne, qui, sur ce point, necompte pas moins de dix mille chevaux, conduits par le princeGuillaume. Elle entreprend une suite de charges qui se renou-vellent à plusieurs reprises. Chaque fois, nos intrépides fan-tassins, attendant avec sang-froid l’ordre de leurs officiers,laissent venir les escadrons ennemis à trente ou quarante pasde leurs lignes, puis exécutent des décharges si justes, simeurtrières, qu’ils abattent des centaines d’hommes et dechevaux, et se créent ainsi un rempart de cadavres. Dansl’intervalle de ces charges, le général Morand et le maréchalDavout passent d’un carré dans un autre, pour donner à cha-cun d’eux l’encouragement de leur présence. Les cavaliersprussiens réitèrent avec fureur ces rudes assauts, mais n’ar-rivent pas même jusqu’à nos baïonnettes. Enfin, après unefréquente répétition de cette scène tumultueuse, la cavalerieprussienne découragée se retire derrière son infanterie. Alors