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LIVRE MV.
Octoh. 1806. Saxe, Napoléon ordonna au maréchal Davout une mesure ri-goureuse, contre les négociants de cette ville, qui étaient lesprincipaux traficants des marchandises anglaises en Allemagne.Napoléon, cherchant à punir sur le commerce de la Grande-Bretagne la guerre qu’elle faisait à la France, voulait intimiderles villes commerçantes du Nord, telle que Brême, Hambourg,Lubeck, Leipzig, Dantzig, lesquelles s’appliquaient à ouvriraux Anglais le continent, qu’il s’appliquait à leur fermer. 11enjoignit donc à tout négociant de déclarer les marchandisesanglaises qu’il possédait, ajoutant que, si les déclarations pa-raissaient mensongères, leur exactitude serait vérifiée par desvisites, et les fausses allégations punies des peines les plusgraves. Toutes les marchandises déclarées durent être confis-quées au profit de l’armée française.
Pendant ce temps nos troupes continuèrent leur marchevers l’Elbe. Le maréchal Bernadotte passa ce fleuve à Barby,mais moins promptement qu’il n’en avait l’ordre. Napoléon,qui s’était contenu après l’affaire d’Awerstaedt, céda cette foisà son mécontentement, et fit adresser par le prince Berthierau maréchal Bernadotte une lettre dans laquelle, à propos dupassage tardif de l’Elbe, on lui rappelait amèrement le départprécipité de Naumbourg, le jour des deux batailles d’Iéna etd’Awerstaedt’. Cependant, comme il arrive, quand on suit
1 Nous citons cette lettre qui existe nu dépôt de la guerre.
Le maréchal Berthier au maréchal Bernadotte.
Halle, le 21 octobre 1806.
L'Empereur, monsieur le maréchal, me charge de tous écrire qu'il esttrès-mécontent de ce que vous n’avez pas exécuté l’ordre que vous avez reçude vous porter hier i\ Calbe, pour jeter un pont h l’embouchure de la Sanie,h Barby. Cependant vous deviez sentir que toutes les dispositions de l'Em-pereur étaient combinées.
Sa Majesté, qui est très fâchée que vous n’ayez pas exécuté ses ordres,vous rappelle h ce sujet qne vous ne vons êtes point trouvé à la batailledîéna; que cela aurait pu compromettre le sort de l’armée et déjouer le»grandes combinaisons de Sa Majesté, et a rendu douteuse et très-sanglantecette bataille, qui l’aurait été beaucoup moins. Quelque profondément affecté