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poléon dans le simple costume qu’il portait aux Tuileries etsur les champs de bataille, Napoléon, objet des regards d’unefoule immense, silencieuse, saisie à la fois de tristesse et d’ad-miration, tel fut le spectacle offert dans la longue et vaste ruede Berlin, qui conduit de la porte de Charlottenbourg au palaisdes rois de Prusse. Le peuple était dans les rues, la richebourgeoisie aux fenêtres. Quant à la noblesse, elle avait fui,remplie de crainte, et couverte de confusion. Les femmes decette bourgeoisie prussienne semblaient avides du spectaclequi était sous leurs yeux : quelques-unes laissaient couler deslarmes; aucune ne poussait des cris de haine, ou des cris deflatterie pour le vainqueur ! Heureuse la Prusse de n’étre pasdivisée, et de garder sa dignité dans son désastre! L’entréede l’ennemi n’était pas chez elle la ruine d’un parti, le triomphed’un autre; et il n’y avait pas dans son sein une indigne fac-tion, saisie d’une joie odieuse, applaudissant à la présencedes soldats étrangers! Nous, Français, plus malheureux dansnos revers, nous avons vu cette joie exécrable, car nous avonstout vu dans ce siècle, les extrêmes de la victoire et de ladéfaite, de la grandeur et de l’abaissement, du dévouementle plus pur et de la trahison la plus noire !
Napoléon reçut des magistrats les clefs de Berlin, puis il serendit au palais, où il donna audience à toutes les autoritéspubliques, tint un langage doux, rassurant, promit l’ordre dela part de ses soldats, à condition de l’ordre de la part deshabitants, ne se montra sévère dans ses propos que pourl’aristocratie allemande, qui était, disait-il, l’unique auteurdes maux de l’Allemagne, qui avait osé le provoquer au com-bat, et qu’il châtierait, en la réduisant à mendier son painen Angleterre. 11 s’établit dans le palais du roi, y reçut lesministres étrangers représentants des cours amies, et fit ap-peler M. de Talleyrand à Berlin.
Ses bulletins, récit de tout ce que l’armée accomplissaitchaque jour, souvent aussi réponses véhémentes à ses enue-
Octob. 1806.
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Accueilaccordé parNapoléon au*représentantsde la villede Berlin,
Emploi tjreNapoléon faitdes Bulletins.