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LIVRE XXV.
Octoh. 1£0:».
Paroles dePîapoléon auxenvoyés duduc deBrunswick.
mis, recueils de réflexions politiques, leçons aux rois et auxpeuples, étaient rapidement dictés par lui, et ordinairementrevus par M. de Talleyrand, avant d’étre publiés. Il y racon-tait chacun des progrès qu’il faisait dans le pays ennemi ; il yracontait même ce qu’il apprenait des causes politiques de laguerre. Il affecta, dans ceux qu’il publia en Prusse, de pro-diguer les hommages à la mémoire du grand Frédéric, lesmarques d’estime à son malheureux successeur, en laissantpercer toutefois quelque pitié pour sa faiblesse, et les sar-casmes les plus virulents contre les reines qui se mêlaient desaffaires d’État, qui exposaient leurs époux et leurs pays àd’affreux désastres : traitement peu généreux envers la reinede Prusse, assez accablée par le sentiment de ses fautes et deses malheurs, pour qu’on n’ajoutàt pas l’outrage à l’infortune !Ces bulletins, où éclatait avec trop peu de retenue la licencedu soldat vainqueur, valurent à Napoléon plus d’un blâme,au milieu des cris d’admiration que ses triomphes arrachaientà ses ennemis eux-mêmes.
Dans son irritation contre le parti prussien, promoteur dela guerre, il reçut sévèrement les envoyés du duc de Bruns-wick , qui avait été mortellement blessé à la bataille d’Awer-staedt, et qui, avant d’expirer, recommandait au vainqueur safamille et ses sujets. — Qu’aurait à dire, leur répondit Napo-léon, qu’aurait à dire celui qui vous envoie, si je faisais subirà la ville de Brunswick la subversion dont il menaçait il y aquinze ans la capitale du grand peuple auquel je commande?Le duc de Brunswick avait désavoué le manifeste insensé de1792 ; on aurait pu croire qu’avec l’âge la raison commençaità l’emporter chez lui sur les passions, et cependant il est venuprêter de nouveau l’autorité de son nom aux folies d’une jeu-nesse étourdie, qui a perdu la Prusse 1 C’était â lui qu’il appar-tenait de remettre à leur place, femmes, courtisans, jeunesofficiers, et d’imposer à tout le monde l’autorité de son âge,de ses lumières, et de sa position. Il n’en a pas eu la force,