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LIVRE XXV.
Oetob. 1806 . Lanncs transporté, assembla son infanterie sur l’une desplaces publiques de Stettin, et fit lire dans les rangs ladettrede Napoléon. Aussi joyeux que lui, ses soldats accueillirentcette lecture par des cris répétés de vive l’Empereur! Quel-ques-uns même firent entendre ce cri étrange: Vive l’Emperelrd’Occident! Cette appellation singulière, qui répondait si par-faitement à la secrète ambition de Napoléon, naissait ainsi del’exaltation de l’armée, et elle prouvait qu’aux yeux de tousil remplissait déjà l’Occident de sa puissance et de sa gloire.
Lanncs, dans l’effusion non de la flatterie mais de la joie,car satisfait lui-méme, il voulait que son maitre le fût aussi,bannes écrivit : Sire, vos soldats crient : vive l’Empereurd’Occident ! devons-nous désormais vous adresser nos lettressous ce litre'? —
Napoléon ne répondit pas, et ce titre, qui avait jailli pourainsi dire de l’enthousiasme des soldats, no fut pas pris. Dansla pensée de Napoléon, il n’était qu’ajourné. Des grandeursqu’il a rêvées, c’est la seule qui ne se soit pas réalisée, même
1 Nous citons quelques-unes des lettres du maréchal Lanncs, qui font con-naître l’esprit des troupes françaises à cette époque, et qui peuvent servirà donner à ces prodigieux événements leur vrai caractère.
Le maréchal Lannes à S. M. VEmpereur.
Stettin, le novembre 1806.
Sire, j’ai reçu la lettre que Votre Majesté m’a fait l’honneur de m’écrire;il m’est impossible de lui rendre le plaisir qu’elle in’a fait éprouver. Je nedésire rien tant au monde que d’ètre sûr que Votre Majesté sache que je fai*tout ce qui est en mon pouvoir pour sa gloire.
J’ai fait part à mon corps d’armée de ce que Votre Majesté a bien voulume dire pour lui. 11 serait impossible de peindre à Votre Majesté le conten-tement qu'il a ressenti. Une seule parole d’elle suffit pour rendre les soldatsheureux.
Trois hussards s’étaient égarés du coté de Gartz; ils se sont trouvés aumilieu d’un escadron ennemi. Ils ont couru à lui en le couchant en joue, e 'lui disant qu'un régiment le cernait, qu’il fallait sur-le-champ mettre pied »terre. Le commandant de cet escadron a fait mettre pied à terre et a rend"les armes à ces trois hussards, qui ont conduit ici l’escadron prisonnier deguerre.
J’aurais désiré connaître les intentions de Votre Majesté pour savoir si