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LIVRE XXV.
Octob. 1806 .
Le generalBlucherse réfugie àLubeck.
Les Français(M)lèventLubeck de viveforce.
Il marcha ainsi du 30 octobre au 5 novembre. Ne sachantplus où porter ses pas, il imagina un acte violent, que la né-cessité toutefois pouvait justifier. Il avait sur son chemin laville de Lubeck, l’une des dernières villes libres conservéespar la constitution germanique. Neutre de droit, elle devaitrester étrangère à toute hostilité. Le général Blucher résolutde s’y jeter de vive force, de s’emparer des grandes ressour-ces qu’elle contenait, en vivres comme en argent, et, s’il nepouvait pas s’y défendre, de saisir tous les bâtiments de com-merce qu’il trouverait dans ses eaux, pour embarquer sestroupes, et les transporter vers la Prusse orientale.
En conséquence, le 6 novembre, il entra violemment dansLubeck, malgré la protestation des magistrats. Les rempartsde la ville, imprudemment convertis en promenade publique,avaient perdu leur principale force. D’ailleurs la ville était sidépourvue de garnison, que le général Blucher n’eut pas depeine à y pénétrer. Il logea ses soldats chez les habitants, oùils prirent tout ce dont ils avaient besoin, et de plus exigeades magistrats une large contribution. Lubeck, comme on sait,est situé sur la frontière du Danemark. Un corps de troupesdanoises gardait cette frontière. Le général Blucher signifia augénéral danois, que, s’il la laissait violer par les Français, üla violerait à son tour, pour se réfugier dans le Ilolstein. Legénéral danois ayant déclaré qu’il se ferait tuer avec son corpstout entier, plutôt que de souffrir une violation de territoire,le général Blucher s’enferma dans Lubeck, avec la confiancede n’étre pas tourné par les Français, si la neutralité du Da-nemark était respectée. Mais, tandis qu’il croyait jouir dequelque sûreté dans Lubeck, protégé par les restes de la for-tification, et dédommagé par l’abondance d’une grande villecommerçante des privations d’une pénible retraite, les Fran-çais parurent. La neutralité de Lubeck n’existait plus pour eux,et ils avaient le droit d’y poursuivre les Prussiens. Arrivés lo7, ils attaquèrent le jour même les ouvrages qui couvraient