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LIVRE XXV.

JSov. 18(6.

Reddition deMagdebourg.

Caractères etrésultats decette

prodigieuse

campagne.

Restait sur l’Elbe la grande place de Magdebourg, qui con-tenait 22 mille hommes de garnison, et un vaste matériel. Lemaréchal Ney en avait entrepris l’investissement. S’étant pro-curé quelques mortiers, à défaut d’artillerie de siège, il me-naça plusieurs fois la place d’un bombardement, menace qu’ilse garda bien de mettre à exécution. Deux ou trois bombes,jetées en l’air, intimidèrent la population, qui entoura l’hôteldu gouverneur, demandant à grands cris qu’on ne l’exposâtpas à d’inutiles ravages, puisque la monarchie prussienne étaitdésormais réduite à l’impossibilité de se défendre. La démo-ralisation était si complète chez les généraux prussiens, queces raisons furent tenues pour bonnes, et que le lendemainde la capitulation de Lubeck, le général Klcist livra Magde-bourg avec 22 mille prisonniers.

t \insi, depuis l’ouverture de la campagne, les Prussiensavaient fait . quat re fois., à Erfurt, à Prcnzlow, à Lubeck, àMagdebourg, ce qu’ils avaient tant reproché aux Autrichiensd’avoir faifjine fois à Ulnp Cette remarque n’a pas pour butd’offenser leur malheur, d’ailleurs bien réparé depuis, maisde prouver qu’il aurait fallu un an auparavant respecter l’in-fortune d’autrui, et ne pas déclarer les Autrichiens si lâches,par le calcul mesquin de faire paraître les Français moinsbraves et moins habiles.

Des 160 mille hommes qui avaient composé l’armée activedes Prussiens, il ne restait donc pas un débris. En écartantles exagérations, que dans la surprise de tels succès, on ré-pandit en Europe, il est certain que 25 mille hommes environavaient été tués ou blessés, et 100 mille faits prisonniers. Des35 mille autres, pas un seul n’avait repassé l’Oder. Ceux q ulétaient Saxons avaient regagné la Saxe. Ceux qui étaient Prus-siens avaient jeté leurs armes, çt fui à travers les campagu eS 'On pouvait dire avec une complète vérité qu’il n’existait p' uSd’armée prussienne. Napoléon était maître absolu de la w°'narchie du grand Frédéric : il ne fallait en excepter que quel-