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LIVRE XXVI.
JNov. 1606*
Instructionsmilitairesde Napoléon àses lieutenants,dans leurmouvementsur Varsovie.
Tous les corpsfrançaisconcentres surleur droite,pour se porterà Varsovie.
afin qu’avec une masse de 80 mille hommes, force bien supé-rieure à tout ce que les Russes pouvaient réunir sur un mêmepoint, ses lieutenants fussent à l’abri de tout échec. Il leurrecommanda de ne pas rechercher, de ne pas accepter debataille, à moins qu’ils ne fussent en nombre très-supérieur àl’ennemi, de s’avancer avec beaucoup de précautions, et enappuyant tous à droite, pour se couvrir de la frontière autri-chienne. A cette époque, la Pilica, sur la rive gauche de laVistulc, la Narew, sur la rive droite, toutes deux se jetantdans la Vistule près de Varsovie, formaient la frontière autri-chienne. En appuyant donc à droite, à partir de Posen (voirla carte n° 37 ), on se rapprochait de la Pilica et de la Narew,on était couvert de tous côtés par la neutralité de l’Autriche.Si les Russes voulaient prendre l’offensive, ils ne pouvaient lefaire qu’en passant la Vistule sur notre gauche, aux environsde Thorn, et alors, en se rabattant à gauche, on obtenait l’unde ces trois résultats, ou de les rejeter dans la Vistule, ou deles acculer à la mer, ou de les pousser sur les baïonnettes dela seconde armée française en marche vers Posen. Il faut ajou-ter , du reste, que si Napoléon, contre son usage, ne se pré-sentait pas cette fois en une seule masse devant l’ennemi, cequi aurait coupé court à toutes les difficultés, c’est parce qu’ilsavait que les Russes n’étaient pas cinquaute mille ensemble,et parce que la fatigue extrême d’une partie de ses troupes,ayant couru jusqu’à Prenzlow et jusqu’à Lubeck, l’obligeait àformer deux armées, l’une composée de ceux qui pouvaientmarcher immédiatement, l’autre de ceux qui avaient besoin dequelques jours de repos, avant de se remettre en route. C’estainsi que les circonstances entraînent des variations dans l’ap'plication des principes les plus constants. C’est au tact du grandgénéral à modifier cette application avec sûreté et à-propos.
Napoléon enjoignit donc au maréchal Davout de se porter adroite, comme le commandait la route de Posen à Varsovie,de passer par Sempoluo, Klodawa, Kutno, Sochaczew, Blonie,