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LIVRE XXVI.
Nov. 1806. insurrections qui avaient été essayées, craignant d’étre aban-donnée après s’être compromise, hésitait à se jeter dans lesbras de Napoléon, et trouvait dans sa situation actuelle quel-que chose de mieux à faire que de s’insurger, pour recevoirdes Français une existence, indépendante mais dénuée d’appui,exposée à tous les périls, entre la Prusse, l’Autriche et laRussie. Cette haute noblesse, tombée avec Varsovie elle-mêmesous le joug de la Prusse, éprouvait pour celte cour l’aversionque ressentaient tous les Polonais devenus Prussiens. La plu-part des membres de la noblesse de Varsovie eussent regardécomme un heureux changement de fortune de devenir sujetsd’Alexandre, à condition d’étre reconstitués en corps de na-tion, et de jouer, sous l’empereur de Russie, le rôle que lesHongrois jouent sous l’empereur d’Autriche. Être réunis enun même peuple, et transmis d’un maître allemand à un maîtreslave, leur semblait un sort presque souhaitable, le seul dumoins auquel il fallût aspirer dans les circonstances présentes.C’était, aux yeux de beaucoup d’entre eux, secrètement in-fluencés par les intrigues russes, l’unique reconstitution dela Pologne qui fût praticable, car la Russie, disaient-ils, étaitprès d’eux, et en mesure de soutenir son ouvrage, une fo' sentrepris, tandis que l’existence qu’on tiendrait de la Franceserait précaire, éphémère, et s’évanouirait dès que l’arméefrançaise se serait éloignée. Sans doute il y avait quelquesraisons de prudence à faire valoir en faveur de cette idéed’unc demi-reconstitution de la Pologne, née d’un demi-patrio-tisme : mais ceux qui formaient ce vœu oubliaient, que, sll’existence que la Pologne pouvait recevoir de la France, étaitexposée à périr lorsque les Français repasseraient le Rhin,celle que les Russes lui donneraient, était exposée à un auti edanger, certain et prochain, au danger d’être absorbée dansle reste de l’empire, de subir en un mot l’assimilation com-plète, résultat auquel la Russie devait tendre sans cesse, etqu’elle ne manquerait pas de réaliser à la première occasion»