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ainsi que les événements l’ont prouvé depuis. Il fallait donc, Nov. isoô.ou renoncer à être Polonais, ou se dévouer à Napoléon, sedévouer à tout prix, à tout risque, avec toutes les incertitudesattachées à une telle entreprise, le jour où ce puissant réfor-mateur de l’Europe paraissait à Varsovie. Certains motifsmoins élevés agissaient sur la portion de la noblesse qui ac-cueillait avec froideur la délivrance de la Pologne par la maindes Français, c’était la jalousie que lui inspiraient les géné-raux polonais formés dans nos armées, arrivant avec de laréputation, des prétentions, et un sentiment exagéré de leurmérite. Ces divers motifs n’empêchaient pas cependant la gé-néralité de la noblesse d’éprouver une vive joie à la vue desFrançais ; seulement ils la rendaient plus prudente, et la por-taient à faire des conditions à un homme auquel le patriotismeconseillait alors de n’en faire aucune. Mais les masses, plusunanimes, moins retenues par la réflexion, et en ce momentmeilleures, car il est un instant, un seul, où la raison ne vautpas l’entraînement des passions, c’est celui où le dévouementmême aveugle, est la condition nécessaire dusalut d’un peuple,les masses, disons-nous, voulaient qu’on se jetât dans les brasdes Français, et y poussaient tout le monde, peuple, noblese t prêtres.
Partagés entre ces sentiments contraires, les grands deVarsovie s’empressèrent autour de Murat, et vinrent lui sou-
mettre leurs vœux, non pas à titre d’exigences, mais à titrede conseils, et dans le but, disaient-ils, de produire chez lePeuple polonais un soulèvement universel. Ces vœux cousis-
. . r la noblesse
trient à demander nue Napoléon proclamât immédiatement polonaise fait•indépendance de la Pologne, ne se bornât pas à cet acte,mais choisit un roi dans sa propre famille, et le plaçât solen- de Mura( 'nellement sur le trône de Sobieski. Cette double garantie leur -
étant donnée, ajoutaient-ils, les Polonais, ne doutant plus des
Vœux quela noblesse
intentions de Napoléon, de sa ferme résolution de souten’son ouvrage, se livreraient à lui, corps et biens. Le