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LIVRE XXVI.

Janv. 1807.

Fausse joie aVienne parsuite des bruitsmensongersrépandus surla situation del'arméefrançaise.

M. de Lucche-sini, passantà Vienne,rectifie lesidées de lacour

d’Autriche, etdétruit safausse joie.

tels que la retraite des Russes sur la Prégel, notre tranquilleétablissement sur la Vistule, les sièges entrepris et terminéssur l’Oder, dussent répondre à toutes les forfanteries d’unennemi qui se croyait victorieux, quand il n’avait pas essuyéun désastre aussi complet que celui d’Austerlitz ou Iéna, onaffecta néanmoins de montrer une certaine joie. Cette joieéclata surtout à Vienne, et dans le sein de la cour impériale.Empereur, archiducs, ministres, grands seigneurs, se félici-tèrent également. Rien n’était plus naturel et plus légitime.Il n’y avait à redire qu’au langage tenu par le cabinet deVienne dans ses communications les plus récentes avec Napo-léon , langage qui dépassait peut-être la limite de la dissimu-lation permise en pareil cas. Du reste l’erreur qui causait lujoie de nos ennemis ne fut pas de longue durée. M. de Lucche-sini, qui avait quitté la cour de Prusse en même temps q ueM. d’Haugwitz, traversait alors Vienne, pour se rendre à Luc-ques sa patrie. Il n’avait plus d’illusion pour lui-même, il n'a-vait plus d’intérêt à faire illusion aux autres, et en consé-quence il dit la vérité sur les rencontres sanglantes dont l aVistule venait d’être le théâtre. Les boues de la Pologne avaientparalysé, disait-il, vaincus et vainqueurs, et permis aux R uS 'ses de se soustraire à la poursuite des Français. Mais les R uS 'ses, battus à outrance partout, n’avaient aucune chancetenir tête aux redoutables soldats de Napoléon. On devaits’attendre qu’au printemps, peut-être même à la premiè regelée, celui-ci ferait une irruption sur la Prégel ou le Niémen»et terminerait la guerre par un acte éclatant. L’armée franç aise ’ajoutait M. de Lucchesini, n’était ni démoralisée, ni privéeressources, ainsi qu’on le prétendait; elle vivait bien, saCcommodait du climat humide et froid de la Pologne, t° ucomme elle s’était accommodée jadis du climat sec et brûl antde l’Égypte ; elle avait enfin une foi aveugle dans le génie etfortune de son chef.

Ces nouvelles d’un observateur calme et désintéresse»