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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVI.

Janv, 1807.

Le gêneraiBenningsenfait prévaloirl’avis decontinuer lesopérationsmalgré l’étatdu pays etde la saison.

faciles à détruire isolément, si on avait pu être informé deleur situation, et si de plus l’état des chemins avait permis deles atteindre. Mais on ne parvient pas à tout savoir à la guerre.Le plus habile des généraux est celui qui, à force d’applica-tion et de sagacité, arrive à ignorer un peu moins que decoutume les projets de l’ennemi. En toute autre circonstance,Napoléon, avec son activité prodigieuse, avec son art de pro-fiter de la victoire, aurait bientôt découvert la périlleuse situa-tion de l’armée russe, et aurait infailliblement détruit la por-tion qu’il se serait attaché à poursuivre. Mais, plongé dans lesboues, privé d’artillerie et de pain, il s’était vu réduit à unecomplète immobilité. Ayant mené d’ailleurs ses soldats à l’ex-trémité de l’Europe, il avait considéré comme une sorte decruauté de mettre leur dévouement à de plus longues épreuves.

Le général Benningsen et le général Buxhoewden tentèrentquelques efforts pour se rejoindre, mais les ponts, plusieursfois rétablis, furent toujours rompus, et ils se virent obligésde remonter la Narew lentement, vivant comme ils pouvaient,et tâchant de gagner les lieux où une jonction deviendraitpraticable. Toutefois ils réussirent à se rencontrer personnel-lement, et ils eurent une entrevue à Nowogrod. Quoique peudisposés à s’entendre, ils convinrent d’un plan, qui n’allait àrien moins qu’à continuer les hostilités, malgré l’état du pay set de la saison. Le général Benningsen, qui, à force de se direvictorieux à Pultusk, avait fini par le croire, voulait absolu-ment reprendre l’offensive, et par son influence on décida lacontinuation immédiate des opérations militaires, en suivantune marche tout autre que celle qui avait été d’abord adoptée-Au lieu de longer la Narew et ses affluents, et de s’adosseïainsi au pays boisé, ce qui fixait le point d’attaque sur Varso-vie, on résolut de faire un grand circuit, de tourner par unmouvement en arrière la vaste masse des forêts, de traverserensuite la ligne des lacs, et de se porter vers la région mari-time par Braunsberg, Elbing, Marienbourg et Dantzig- 0n