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LIVRE XXVI.

Fév. 1807.

Les Russess’arrêtent le 7au soir au delàd’Eylau,et paraissentdisposés àlivrer bataille.

État de l’arméefrançaise laveille

de la batailled’Eylau.

tourna la ville, et on trouva une de leurs colonnes établie dansun cimetière, devenu fameux depuis par de terribles souve-nirs, et qui était situé en dehors à droite. La brigade Vivièsemporta ce cimetière après un combat des plus rudes. LesRusses se replièrent au delà d’Eylau. De toutes les rencontresd’arrière-garde celle-ci avait été la plus sanglante, et elle avaitcoûté au corps du maréchal Soult des pertes considérables-On se jeta un peu en désordre dans la ville d’Eylau, les sol-dats se dispersant pour vivre, et surprenant dans les maisonsbeaucoup de Russes qui n’avaient pas eu le temps de s’enfuir-

La première opinion que conçut Murat, et qu’il transmit &Napoléon, c’est que les Russes, ayant perdu le point d’app uld’Eylau, iraient en chercher un plus éloigné. Cependant quel-ques officiers égarés dans cette mélée, avaient aperçu l eSRusses établis un peu au delà d’Eylau, et allumant leurs feusde bivouac pour y passer la nuit. Cette observation, confirmé®par de nouveaux rapports, ne permit aucun doute sur l’i®'portance de la journée du lendemain 8 février; et en effet,elle en a acquis une qui lui assure l’immortalité dans l eSsiècles.

II devenait évident que les Russes, s’arrêtant cette fois apr eSle combat du soir, et n’employant pas la nuit à marcher, éta®® 1résolus à engager le lendemain une action générale. L’ar®é efrançaise était harassée de fatigue, fort réduite en nombre P arla rapidité des marches, travaillée par la faim, et transie defroid. Mais il fallait livrer bataille, et ce n’était pas en se®'blable occasion que soldats, officiers, généraux, avaient cou-tume de sentir leurs souffrances.

Napoléon se hâta de dépécher le soir même plusieursciers aux maréchaux Davout et Ney pour les ramener, I’ un asa droite, l’autre à sa gauche. Le maréchal Davout avait co®tinué de suivre l’Aile jusqu’à Rartenstein, et il ne se trouvaiplus qu’à trois ou quatre lieues. Il répondit qu’il arriverait dèsla pointe du jour vers la droite d’Eylau (droite de l'armée