EYLAU.
301
éminence que surmontait un moulin, partie à droite au cime- Fe ' v - 1807 -tière même. La troisième division du maréchal Soull, la divi-sion Saint-Hilaire, fut établie plus à droite encore, à une assezgrande distance du cimetière, au village de Rothenen, quiformait le prolongement de la position d’Eylau. Dans l’inter-valle qui séparait le village de Rothenen de la ville d’Eylau,intervalle laissé ouvert pour y faire déboucher le reste del’armée, se tenait un peu en arrière le corps d’Augereau,rangé sur deux lignes, et formé des divisions Desjardins etHeudelet. Augereau, tourmenté de la fièvre, les yeux rougeset enflés, mais oubliant ses souffrances au bruit du canon,était monté à cheval pour se m.eltre à la tête de ses troupes.
Plus en arrière de ce même débouché, venaient l’infanterieet la cavalerie de la garde impériale, les division de dragonset de cuirassiers, prêtes les unes et les autres à se présenter® l’ennemi par la même issue, et en attendant un peu abri-tées du canon par l’enfoncement du terrain. Enfin à l’extrêmedroite de ce champ de bataille, au delà et en avant de Rothe-nen, au hameau de Serpallen, devait entrer en action le corpsdu maréchal Davout, de manière à donner dans le flanc desRusses.
Napoléon était donc sur un ordre mince, et sa ligne, ayantAvantage d’être couverte à gauche par les bâtiments d’Eylau,a droite par ceux de Rothenen, le combat d’artillerie par le-quel fi voulait démolir l’espèce de muraille que lui opposaient'es Russes, était beaucoup moins redoutable pour lui que poureu *. Il avait fait sortir des corps et mettre en bataille toutesle s bouches à feu de l’année. 11 y avait joint les quarante piècesde la garde, et il allait ainsi riposter à la formidable artilleriedes Russes par une artillerie très-inférieure en nombre, maisIrès-supérieure en habileté.
R es Russes avaient commencé le feu. Les Français leurav aient répondu presque aussitôt par une violente canonnade, Cl u,, 1 vîoieiu^e *écutée à demi-portée de canon. La terre tremblait sous •i*artiii«ri«.