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LIVRE XXVI.

Fev. 1807.

Journée quinuit la batailletVEvIau.

Pertes desUusses et desFrançaisà la bataille■l’E.'lau,

s’en allaient dans les diverses directions qu’avait parcouruesl’armée.

Le lendemain le jour commençant à luire, on découvrit cetaffreux champ de bataille, et Napoléon lui-même fut ému, aupoint de le laisser apercevoir dans le bulletin qu’il publia.Sur cette plaine glacée, des milliers de morts et de mourantscruellement mutilés, des milliers de chevaux abattus, une in-nombrable quantité de canons démontés, de voitures brisées,de projectiles épars, des hameaux en flammes, tout cela sedétachant sur un fond de neige 1 ; présentait un spectacle sai-sissant et terrible. «Ce spectacle, s’écriait Napoléon, est fait» pour inspirer aux princes l’amour de la paix et l’horreur» de la guerre ! » — Singulière réflexion dans sa bouche, etsincère au moment où il la laissait échapper.

Une particularité frappa tous les yeux. Soit penchant à re-venir aux choses du passé, soit aussi économie, on avait voulurendre l’habit blanc aux troupes. On en avait fait l’essai surquelques régiments, mais la vue du sang sur les habits blancsdécida la question. Napoléon rempli de dégoût et d’horreurdéclara qu’il ne voulait que des habits bleus, quoi qu’il pèden coûter.

L’aspect de ce champ de bataille abandonné par l’ennemurendit à l’armée le sentiment de sa victoire. Les Russes s’e-taient retirés, laissant sur le terrain 7 mille morts, èt plus de5 mille blessés, que le vainqueur généreux se hâta de releva'après les siens. Outre les 12 mille morts ou mourants aban-donnés à Eylau, ils emmenaient avec eux environ 15 nl '^ eblessés, plus ou moins gravement atteints. Ils avaient eu P alconséquent 26 ou 27 mille hommes hors de combat. Nous tenions 3 à 4 mille prisonniers, 24 pièces de canon, 16 elr apeaux. Leur perte totale était donc de 30 mille hommes.Français avaient eu environ 10 mille hommes hors de couihab

1 K\|>ression de Napoléon dans l’un de ses bulletins.