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LIVRE XXVIII.
juillet ieo7. vivrait, et qu’il cesserait d’exposer aux boulets sa tête pré-cieuse; c’était avec le désir de goûter, sans mélange d’inquié-tude, l’immense prospérité dont il avait doté la France. Ceuxqui lui devaient de grandes situations aspiraient à en jouir ;les classes qui vivent de l’agriculture, de l’industrie et ducommerce, c’est-à-dire la presque totalité de la nation, dési-raient enfin mettre à profit les conséquences de la révolutionet la vaste étendue de débouchés ouverts à la France ; car siles mers nous étaient fermées, le continent entier s’offrait ànotre activité, à l’exclusion de l’industrie britannique. Lesmers elles-mêmes, on espérait les voir s’ouvrir de nouveaupar suite des négociations de Tilsit. On avait vu en effet lesdeux plus grandes puissances du continent, éclairées sur laconformité de leurs intérêts actuels, sur l’inutilité de leurlutte, s’embrasser en quelque sorte aux bords du Niémen,dans la personne de leurs souverains, et s’unir pour fermerle littoral de l’Europe à l’Angleterre, pour tourner contre elleles efforts de toutes les nations, et on se flattait que cettepuissance, effrayée de son isolement, en 1807 comme en 1802»accepterait la paix à des conditions modérées. Il ne sembla* 1pas supposable que la médiation du cabinet russe, qui alla* 1lui être offerte, rendant facile à son orgueil une pacificationque réclamaient ses intérêts, pût être repoussée. On jouissa* 1de la paix du continent; celle des mers se laissait entrevoir»et on était heureux tout à la fois de ce qu’on possédait et dece qu’on espérait. L’armée, sur qui pesait plus particulière'ment le fardeau de la guerre, n’était cependant pas aussi avidede la paix que le reste de la nation. Ses principaux chefs,est vrai, qui avaient déjà vu tant de régions lointaines etbatailles sanglantes, qui étaient couverts de gloire, que Nap^léon allait bientôt combler de richesses, désiraient, commenation elle-même, jouir de ce qu’ils avaient acquis. Bon n ° r ^bre de vieux soldats, qui avaient leur part assuréemunificence de Napoléon, n’étaient pas d'un autre avis-