Band 
[Vol. 4.]
Seite
18
JPEG-Download
 

18

LIVRE XXVIII.

Juillet 1607.

Sommationadressée auPortugal.

mission de l'envoyer à Paris. Il ne fallait pas tant d’hommagespour désarmer Napoléon. Un peu plus d’activité contre l’en-nemi commun, l’aurait bien plus certainement apaisé que lesambassades les plus magnifiques. Napoléon, ne voulant pasinquiéter au delà du nécessaire cette cour qui avait le senti-ment de ses torts, reçut avec beaucoup d’égards M. le ducde Frias, se laissa féliciter de ses triomphes, puis dit aunouvel ambassadeur, répéta à l'ancien, et fit connaître auplus actif des trois, M. Yzquierdo, qu’il agréait les félicitationsqu’on lui adressait pour ses triomphes et pour le rétablisse-ment de la paix continentale, mais qu’il fallait tirer de la paixcontinentale la paix maritime; qu’on ne parviendrait à cerésultat, si désirable pour l’Espagne et pour ses colonies,qu’en intimidant l’ennemi commun par un concours d’effortsénergique, par une interdiction absolue de son commerce;qu’il fallait donc seconder la France, et, dans cette vue, exigerdu Portugal une adhésion immédiate et entière au systèmecontinental ; que pour lui il était résolu à vouloir non pas unefeinte exclusion des Anglais d’Oporto et de Lisbonne, maisune exclusion complète, suivie d’une déclaration de guerreimmédiate et de la saisie de toutes les marchandises britan-niques; que, si le Portugal n’y consentait pas tout de suite,fallait que l’Espagne préparât ses troupes, car lui prépara' 1déjà les siennes, et qu’on envahit sur-le-champ le Portugal,non pas pour huit jours ou quinze, comme il était arrivé en1801, mais pour tout le temps de la guerre, peut-être p° ultoujours, suivant les circonstances. Les trois envoyés de l’E spagne s’inclinèrent devant cette déclaration , qu’ils dure" 1sans délai transmettre à leur cabinet.

Napoléon fit en même temps appeler M. de Lima, ambassadeur du Portugal, et lui signifia que si, dans le temp srigoureusement nécessaire pour écrire à Lisbonne et en recevoir une réponse, on ne lui promettait pas l’exclusion desAnglais, la saisie de leur commerce, personnes et choses,