LIVRE XXVIII.
Juillet 1807.
Croisièrede l'amiralWillaumezdans la merdes Antilles.
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poussaient contre l’amirauté des cris de fureur. Mais nosgrandes croisières ne devaient pas être aussi heureuses.
Cadix n’offrait que des débris, qu’il fallait réunir et réorga-niser, avant de pouvoir en tirer une division. Rochefort con-tenait la division du contre-amiral Allemand, qui se reposaitdans ce port de la difficile croisière qu’il avait faite, à la suitede la rencontre manquée avec l’amiral Villeneuve. Brest seulprésentait des ressources pour organiser une forte division.Sur les 21 vaisseaux réunis dans ce grand port, on en avaitdétaché six, les plus propres à une longue navigation, et onles avait expédiés, sous les ordres du contre-amiral Willau-mez , le 13 décembre 1805. pour les mers d’Amérique. Cettedivision était composée du Foudroyant, vaisseau de quatre-vingts, du Vétéran, du Cassard, de YImpétueux, du Patriote,de YEole, vaisseaux de soixante-quatorze, et de deux fré-gates, la Valeureuse et la Comète. Elle portait sept mois devivres. .A la nouvelle de sa sortie plus de trente vaisseauxanglais s’étaient lancés à sa poursuite, pour la chercher danstoutes les mers. Elle avait d’abord croisé dans les parages deSainte-Hélène pendant les mois de février et de mars 1806,y avait fait quelques prises, puis, ayant à son bord desmalades, et manquant de vivres frais, elle était allée à San-Salvador, par les mêmes motifs qui avaient conduit dans ceport le capitaine L’IIermitte. Après un repos de dix-sept jours,elle en était partie pour croiser de nouveau, et elle étaitvenue en juin toucher à la Martinique, avec le projet de seplacer au vent des Antilles pour y rencontrer les grands con-vois de la Jamaïque. A la Martinique elle avait trouvé peu devivres, car la colonie en avait à peine assez pour sa prop reconsommation; peu de moyens de radoub, car l’état de guerre,presque continuel depuis quinze années, n'avait guère per* 1118d’y envoyer des matières navales, et elle était allée s’enibusquer aux passes des Antilles, dans l’espoir d’y faire quelfi 110riche capture, qui valût les frais d’un aussi grand armement