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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVIU.

AoAt 1807. On comprend quelle facilité la création de la nouvelle caisseavait dû apporter dans le service du Trésor, qui, soulagé del’arriéré des budgets par la création des 70 millions de res-criptions, remboursé de la plus grande partie du débet desnégociants réunis, trouva en outre, dans cet emprunt flottantde 80 millions, des ressources qui le dispensèrent de recourirà l’escompte des obligations et bons à vue. En réalité cet em-prunt avait toujours existé, puisque toujours les capitauxavaient cherché un placement temporaire dans les bonnes va-leurs du Trésor. Mais le Trésor n’en avait pas été l’intermé-diaire. Des spéculateurs, placés entre lui et le public, atti-raient les capitaux à eux, et ensuite lui faisaient désirer, de-mander, souvent attendre, et payer à un taux exorbitant l’es-compte des obligations et des bons à vue. Quelquefois mêmeces spéculateurs n’étaient autres que ses propres comptables,qui lui prêtaient les fonds de l’impôt, et non - seulement le ran-çonnaient sans pudeur, mais prenaient aussi de funestes habi-tudes d’agiotage. La caisse de service étant devenue l’inter-médiaire, se trouvait maîtresse de cet emprunt permanent, dutaux auquel il se contractait; s’affranchissait des comptables,qu’elle réduisait à n’étre plus que les simples dépositaires desdeniers publics, et ne leur laissait du rôle de banquiers quele soin de mouvoir les fonds du Trésor d’un point à un autre.L’abaissement subit et extraordinaire des frais de négociationde 1806 à 1807, devint la preuve matérielle de tous ces avan-tages. Pour l’exercice 1806, qui, à cause du changement decalendrier, comprenait, outre les douze mois de 1806, les troisderniers mois de 1805, la dépense des frais de négociations’était élevée à la somme exorbitante de 27 à 28 millions',

1 27,369,022 fr. pour 465 jours, se décomposant ainsi qu’il suit:

Pour 130 jours. . . . 14,385,680 fr.

Pour 197 jours. . . . 8,609,872

Pour 138 jours. . . . 4,373,470

27,369,022