Band 
[Vol. 4.]
Seite
112
JPEG-Download
 

112

LIVRE XXVIII.

Dombrowski, vieux serviteurs de la France, obtinrent chacunun million.

Après les généraux, les officiers et les soldats reçurentaussi des marques de sa libéralité. Napoléon fit payer à tous,outre la solde arriérée, des gratifications considérables, afinde leur procurer sur-le-champ quelques plaisirs qu’ils avaientbien mérités. Dix-huit millions furent distribués sous cetteforme, dont six millions pour les officiers, douze pour lessoldats. Les blessés avaient triple part. Ceux qui avaient étéassez heureux pour assister aux quatre grandes batailles dela dernière guerre, Austerlitz, Iéna, Eylau, Friedland, obte-naient le double des autres. A ces gratifications du moment ilfut ajouté des dotations permanentes de 500 francs pour lessoldats amputés, et de mille, 2 mille, 4 mille, 5 mille, 10 milleen faveur des militaires qui s’étaient distingués, depuis legrade de sous-officier jusqu’à celui de colonel. Pour les offi-ciers comme pour les généraux, ce ne fut là qu’une premièrerémunération, suivie postérieurement d’autres plus considé-rables, et indépendante des traitements de la Légion-d’Hon-neur, ainsi que des pensions de retraite légalement dues à lafin de la carrière militaire.

Ce glorieux vainqueur voulait donc que tout le monde par-ticipât à sa prospérité comme à sa gloire. Quant à lui, simple,économe, magnifique seulement pour les autres, réprimant lemoindre détournement des deniers publics, impitoyable pourtoute dépeuse qui ne lui semblait pas nécessaire dans sonpalais ou dans l’État, il n’était prodigue que dans de noblesvues, et pour tout ce qui avait servi la grandeur de la Franceou la sienne. Les détracteurs de sa gloire et de la nôtre ontprétendu qu’il avait, en spoliant les vaincus, en assouvissantl’avidité des soldats, pris chez les uns le moyen d’exalterla bravoure des autres. Il faut laisser de telles calomnies àl’étranger, ou aux partis associés aux passions de l’étranger.Ces trésors étaient pris non sur les peuples, mais sur les