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[Vol. 4.]
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FONTAINEBLEAU.

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empereurs, rois, princes , couvents, conjurés contre la Francedepuis 1792. Quant aux peuples vaincus, ils étaient ménagésautant que la guerre permet de le faire, beaucoup plus qu’ilsne l’avaient été dans aucun temps et dans aucun pays, beau-coup plus que nous ne l’avons été nous-mêmes. Et, quant àces héroïques soldats, dont on dit que Napoléon excitait labravoure avec de l’argent, ils ne se doutaient pas plus, encourant à Austerlitz, à léna, à Eylau, à Friedland, qu’ils ren-contreraient la fortune sur leur chemin, qu’ils ne s’eu dou-taient en courant à Marengo, à Rivoli, et plus anciennementà Valmy ou à Jemmapes. Après avoir en 1792 volé à la dé-fense de leur pays, ils s’élancaient maintenant à la gloire,entraînés par la passion des grandes choses, passion que larévolution française avait fait naître en eux, et que Napoléonavait exaltée au plus haut degré. Si au lendemain d’un longdévouement à braver le froid, la faim, la mort, ils trouvaientle bien-être, c’était une surprise de la fortune, dont ils jouis-saient ainsi qu’un soldat jouit d’un peu d’or trouvé sur unchamp de bataille; et ces satisfactions qu’on leur avait ména-gées , ils étaient prêts à les quitter de nouveau, pour répandreencore cette vie qu’ils ne regardaient pas comme à eux, etdont ils se hâtaient d’user comme d’un prêt que leur faisaitNapoléon, en attendant qu’il leur en demandât le sacrifice.

Napoléon prit d’autres mesures aussi sages qu’elles étaienthumaines. Il ordonna, selon son habitude à chaque intervallede paix, il ordonna coup sur coup plusieurs revues de l’ar-mée, pour faire sortir des rangs les soldats fatigués ou muti-lés, et ne rendant plus d’autre service que celui de stimulerles jeunes soldats par leurs récits militaires. Il faisait réglerleur pension, et occuper leur place dans les rangs par desconscrits, répétant sans cesse que le trésor de l’armée étaitassez riche pour payer tous les vieux services, mais que lebudget de l’État ne l’était pas assez pour payer des soldatsqui ne pouvaient plus servir activement. Songeant aux mérites

TOM. VIII. 8