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[Vol. 4.]
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LIVRE XXVIII.

Sept. 1E07. cependant à froisser le moins possible le commerce britan-nique, et à épargner aux Anglais comme aux Portugais laL’Espagne, présence d’une armée française à Lisbonne. La cour d’Espagne,soucieuse au plus haut point des conséquences que pouvaitavoir sa perfide conduite de l’année dernière, alarmée despensées que la toute-puissance et le loisir allaient faire naîtrechez Napoléon, expédiait, comme on l’a vu, auprès de lui,outre son ambassadeur ordinaire, il. deMassaredo, un am-bassadeur extraordinaire, M. de Prias, et de plus un envoyésecret, M. Yzquierdo. Aucun d’eux n’avait réussi à pénétrerL’Autriche, l’affreux mystère de son avenir. L’Autriche, regrettant amère-ment de n’avoir pas agi dans l’intervalle des deux bataillesd’Eylau et de Friedland, profondément inquiétée par les signesd’intelligence que l’on commençait à apercevoir entre les deuxempereurs de France et de Russie, se disait que leur alliance,si naturelle quand la France était aux prises avec l’Angleterresur mer, avec l’Allemagne sur terre, et si redoutable en touttemps pour l’Europe, était peut-être en ce moment tout à faitconclue, et que les provinces du Danube, actuellement occu-pées par les Russes, seraient selon toute probabilité le prixde la nouvelle union. S’il en était ainsi, les malheurs dont elleavait été frappée en ce siècle allaient être au comble; car enquinze ans, dépouillée des Pays-Bas, de l’Italie, du Tyrol, dela Souabe, rejetée derrière l’Inu, derrière les Alpes Styrien-nes et Juliennes, il ne pouvait après tant de malheurs lui enarriver qu’un plus grand encore, c’était de voir la Russieétablie sur le bas du Danube, la couper de la mer Noire, etl’envelopper à l’orient, tandis que la France l’enveloppait àl’occident. Aussi, dans toutes les cours où les représentantsde l’Autriche se rencontraient avec les nôtres, en Espagne,en Italie, en Allemagne, on les voyait inquiets, soupçonneux,fureteurs, chercher par tous les moyens possibles à surprendrele secret de Tilsit, ici le marchander à prix d’argent, là s’ef-forcer de l’obtenir d’un moment d’abandon, et enfin, quand