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LIVRE XXVIII.

Sept. 1807.

Dissentimentsurvenu entreGeorges 111et le ministt'reGrenville.

pes et la population espagnoles, et avait chassé les Anglais deBuenos-Ayres, après leur avoir imposé une capitulation affli-geante pour leur gloire. A Montevideo également, après êtreentrés et sortis, les Anglais avaient été obligés de s’éloignerde la ville, et ils occupaient quelques lies à l’embouchure dela Plata. La Méditerranée était devenue aussi le théâtre deleurs expéditions ambitieuses. Ils avaient, on s’en souvient,forcé les Dardanelles, sans résultat pour eux, et fait en Égypteune descente, qui, après un échec devant Rosette et Alexan-drie, avait été suivie de leur retraite. A toutes ces entreprises,les Anglais avaient gagné le Cap, l’ile de Curaçao, et l’ani-madversion de leurs alliés, qui se disaient abandonnés.

Telle était la situation du ministère Grenville lorsque, enmars 1807, une question se présenta inopinément, qui mitles principes modérés de ce ministère en opposition avec lesprincipes religieux du vieux Georges III. Une fois déjà ce princedévot avait poussé l’entêtement contre les catholiques d’Irlandejusqu’à se séparer de M. Pilt, plutôt que d’accorder un com-mencement d’émancipation. La même cause devait le séparerdes collègues et successeurs de M. Pitt. Les Irlandais servaientbien dans l’armée anglaise, et dans un moment où la lutte avecla France prenait un nouveau caractère d’acharnement, il étaitpolitique de satisfaire ces braves militaires, en leur permet-tant d’arriver aux mêmes grades que les officiers anglais, etde rattacher ainsi les catholiques à la couronne d’Angleterrepar un premier acte de justice. Une loi avait donc été projetéeen ce sens par le ministère, et, grâce à l’obscurité de cetteloi, obscurité calculée do la part des ministres qui l’avaientrédigée, Georges 111, la comprenant mal, avait consenti à cequ’elle fût présentée. Mais à peine l’avait-elle été que les en-nemis du cabinet, qui n’étaient autres que les personnagessecondaires dont M. Pitt s’était entouré lors de son dernierministère, avaient par des intrigues secrètes éveillé les scru-pules du vieux roi, et fait, parvenir jusqu’à lui des explications