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LIVRE XXVIII.
sept. 1807 . ne pouvait tromper personne. Il demandait qu’on lui livrât leport, l’arsenal et la flotte, menaçant, si on les refusait, d’in-cendier la ville, et ajoutant à sa sommation de vives instancespour qu’on le dispensât d’employer des moyens qui répu-gnaient , disait-il, à son cœur. Le général Peymann ayant ré-pondu négativement, le 2 septembre au soir, un feu épouvan-table d’obus, de bombes, de fusées à la Congrève, éclata surla malheureuse capitale du Danemark. Les barbares auteursde cette entreprise n’avaient pas même l’excuse de leur propredanger, car ils étaient couverts de manière à ne pas perdre unseul homme. Après avoir continué cette cruauté pendant toutela nuit du 2 septembre et une partie de la journée du 3, legénéral anglais suspendit le feu pour voir si la place se ren-drait. L’incendie s’était déclaré dans divers quartiers ; des cen-taines de malheureux avaient péri; plusieurs grands édificesétaient enflammes; la population valide, employée à verserles eaux de la Baltique sur les quartiers incendiés, était exté-nuée de fatigue. Le général Peymann, le cœur déchiré par cespectacle, gardait un morne silence, attendant pour se rendreque l’humanité fit taire l’honneur. Insensibles à tant de maux,les Anglais recommencèrent à tirer le 3 au soir, soutinrentleur feu toute la nuit, toute la journée du lendemain, sauf unecourte interruption, et persistèrent dans cette barbarie jus-qu’au 5 au matin. Il n’était pas possible de laisser plus long-temps exposée à de tels ravages une population de cent milleâmes. Près de deux mille individus, hommes, femmes, en-fants, vieillards, avaient succombé. Une moitié de la ville étaiten flammes; les plus belles églises étaient en ruines; le feuavait atteint l’arsenal. Le général Peymann blessé, ne résistantpas aux scènes horribles qu’il avait sous les yeux, céda enfinaux menaces d’une destruction totale, que renouvelait le gé-néral anglais, et livra Copenhague à ses barbares conquérants.
Capitation La capitulation fut signée le 7. Elle accordait aux Anglais labague, forteresse de Kronenbourg, la ville de Copenhague et l’arse-